...

Bpifrance aux entrepreneurs: « Maintenez le cap, on ne vous lâchera pas »

PARTAGER

Facebook
Email
WhatsApp

À partir de ce mercredi 25 mars, le plan global de Bpifrance pour aider les entreprises françaises à passer la pandémie va être complété par un dispositif encore plus profond dans lequel l’État lui-même va garantir les crédits des banques françaises octroyés aux entreprises de l’Hexagone. Un pont aérien de cash va également être lancé en direction des startups.

Par Christelle Lefebvre pour Nice Matin

Ces mesures sont-elles de nature à éviter les faillites? Comment l’économie française va-t-elle s’en sortir? Le point de vue de Nicolas Dufourcq, directeur général de la banque publique d’investissement française.

En quoi va consister le dispositif qui entre en vigueur demain et complète le plan global déjà mis sur pied par Bpifrance?
L’État va encore plus loin. Il se crée un prêt standard que les banques françaises vont toutes commercialiser. Un prêt garanti par l’État, d’une durée d’un an à six ans, à un taux faible, d’un montant maximum de 25% du chiffre d’affaires de l’entreprise. Autrement dit, on considère qu’un trimestre, c’est 25 % du chiffre d’affaires d’une entreprise. Pour que vous ne le perdiez pas totalement, on va vous prêter ce trimestre et vous le rembourserez sur six ans avec une garantie de l’État à 90%. Ce qui veut dire que s’il y a des pertes, c’est l’État qui paiera à 90%.

Quid des startups qui n’ont pas de chiffre d’affaires?
On lance cette semaine un pont aérien de cash pour les startups, avec des dispositions particulières. Elles ont accès au prêt sans garantie de Bpifrance, au prêt garanti par l’État à partir de ce mercredi, avec pour elles un plafond de deux années de masse salariale (on prendra la masse salariale de janvier et on multipliera par 24). Ce qui leur permettra d’avoir de la trésorerie à un taux extrêmement faible. On crée également un fonds qui permettra de faire des obligations convertibles dans les startups. Toutes une série de mesures qui seront annoncées par Cédric O.

Ces mesures sont-elles suffisantes?
Les deux dispositifs que l’on vient d’évoquer s’ajoutent aux mesures que nous avons prises ces quinze derniers jours: le pont aérien de cash à destination des entreprises touchées, lancé avec report systématique d’échéances bancaire, en capital comme en intérêts ; avec des prêts Rebond pour les TPE (entre 10000 et 300000 euros financés par les conseils régionaux à taux zéro), des prêts Atouts pour les PME et ETI (de 300000 euros à 3ME, avec un taux de 2%) qui sont sur 6 à 7 ans avec différé de paiement d’au moins un an, la mobilisation des factures pour les recouvrements qui tardent, le chômage partiel, report des factures EDF, Orange…

Quelle est la demande de crédit?
Depuis la semaine dernière, nous avons eu 30000 appels d’entrepreneurs sur notre numéro vert et notre site internet. Nous rappelons tout le monde. La demande de crédits s’élève à 900 millions d’euros. C’est une très grosse production. Bpifrance est très proche de ses clients. On leur a beaucoup parlé. On a mobilisé plusieurs centaines de volontaires pour aller au contact des clients, des personnes qui étaient habituellement dans les fonctions supports. On a appelé nos clients, fait des Live Chat, avec 2000 clients pour expliquer ce qu’on allait faire, expliquer qu’on fait face à une pandémie, pas à une crise économique profonde et durable.

Comment réagissent les entrepreneurs? 
Il y a eu un temps de sidération complète quand le chiffre d’affaires s’est mis à tomber à pic. Il y a des entrepreneurs qui ont très vite pris des dispositions pour aller trouver la trésorerie leur permettant de ne pas faire faillite. On les a beaucoup aidés. Bpifrance est un peu une équipe de premier secours bancaire. Je pense qu’on a évité pas mal de faillites la semaine dernière. Les TPE ont aussi été sonnées, un peu perdues pour certaines, parfois un peu plus longues à réagir mais elles s’emparent des dispositifs.

Quel message adressez-vous aux entrepreneurs sous le choc?
À partir de ce mercredi, allez voir votre banque et demandez-lui un prêt garanti par l’État égal à 25 % de votre chiffre d’affaires. Je pense que tous les entrepreneurs vont comprendre le dispositif et prendre des décisions en ayant le sentiment d’avoir été protégés par l’État et les Régions, dont je salue l’action, comme tous ceux qui ont reporté leur facture. Il y a une vraie union nationale pour que les entreprises qui ont zéro rentrée aient zéro sortise le temps que ça passe. Reporter les échéances bancaires pour Bpifrance, c’est deux milliards de liquidités qu’il va falloir aller trouver. Mais l’heure est à la solidarité nationale.

Que faire quand on est décideur? Prôner l’arrêt de l’activité, la continuité de service?
Le mot d’ordre c’est Vous continuez, vous maintenez le cap, on ne vous lâchera pas. Vous ne posez pas le sac, les choses sont éphémères. Nous avons une vision de crise avec une courbe en forme de V avec une remontée qui sera forte et qu’il ne faut pas tarder à préparer. La pandémie ne durera pas des années. C’est l’affaire de plusieurs mois et ça va repartir très fort.

Mettez votre trésorerie à l’abri et restez proactifs, c’est votre conseil?
Oui et pensez votre métier. La totalité de l’Europe et de l’Asie est passée en télétravail. Il y a une accélération vertigineuse de la digitalisation. Tous les business vont être impactés. En sortie de crise, on aura franchi une étape majeure sur le digital.

C’est aussi une opportunité pour les entreprises?
Pour beaucoup d’entreprises. Sur le digital mais pas que. Je pense qu’à la fin, on pourra dire que ça aura accéléré toutes les méga tendances : l’électrification des véhicules, les sujets climatiques, la révolution de la santé. Tout va tout accélérer. Positivement je pense.
On a la chance en France, face à une crise aussi profonde, violente et rapide, un phénomène qui s’apparente à une crise cardiaque, d’avoir un Etat qui sache mettre un coup de défibrillateur, avec le chômage partiel qui va coûter 45 Mds d’E, un fonds de solidarité pour les plus démunis, un crédit totalement dérisqué pour les banques et qui va permettre aux entreprises de substituer au chiffre d’affaires qu’elles n’auront pas eu une dette de long terme. C’est quand même puissant.

À condition que l’activité subsiste…
À condition que les entrepreneurs ne posent pas leur sac. Parce que pour le coup, l’État ne saurait plus faire. Il faut qu’il y ait un volant certes minimum mais bien réel d’activité pour que les grandes chaînes de l’agroalimentaire, de la distribution fonctionnent. Et pas que. Vous avez des clients à l’étranger qui attendent les produits français. Il ne faudrait pas les décevoir totalement, sinon en sortie de crise, on les aura perdus.

C’est un équilibre à trouver entre sécurité sanitaire et continuité de service?
Les entreprises peuvent rester ouvertes dès lors qu’elles garantissent la sécurité de leurs salariés. À date, l’économie française est celle qui a le plus arrêté ses capacités de production de toute l’Europe. Elle s’est arrêtée plus que l’Italie, beaucoup plus que l’Espagne qui tourne à 80% et que l’Allemagne.

Les mesures de confinement encore renforcées ne sont-elles pas discordantes?
Il faut que le message soit bien compris. Vous avez par exemple des usines de semi-conducteurs où la climatisation filtre 10000 fois plus qu’un masque FP2. L’usine doit-elle fermer? Je ne le pense pas, dès lors que la sécurité sanitaire est assurée. Les mesures barrières étant les plus efficaces : deux mètres entre les individus et du savon.

PARTAGER

Facebook
Twitter
LinkedIn
Email
LinkedIn
WhatsApp
PLUS D'ARTICLES

Les risques cyber sont devenus une menace récurrente pour les PME et ETI souvent considérées comme une cible attrayante par les pirates informatiques.
Les cyberattaques peuvent s’avérer très coûteuses car, en plus des dégâts causés et du temps d’interruption d’activité, l’entreprise a des obligations réglementaires liées à la protection des données personelles (RGPD). Il est donc impératif de mettre en place une stratégie défense et surtout de bien s’assurer.
VERSPIEREN propose des solutions d’assurances des risques cyber adaptées à la taille des entreprises et aux enjeux que celles-ci rencontrent selon leur domaine d’activité.
Hervé Duquesnoy, Directeur du développement et Philippe Chipart, Directeur des entreprises à taille humaine nous parlent d’une offre qui allie sensibilisation, gestion de crise et indemnisation.

Comité Afrique du World Trade Center : un réseau pour développer ses affaires en Afrique
Dans le cadre du partenariat qui nous lie à la CCI Paris Ile-de-France, PME-ETI.fr vous tient informés en priorité des principaux évènements et réseaux qui peuvent vous permettre de booster votre croissance et de rencontrer des acteurs-clés de l’économie. Pour une entreprise qui souhaite développer son activité en Afrique, les opportunités commerciales peuvent être nombreuses, mais leur identification et leur concrétisation nécessitent de bien connaître les marchés ciblés. Trouver les bons partenaires, comprendre les spécificités locales et disposer de contacts fiables sont autant de facteurs qui peuvent faciliter une démarche de développement international. C’est dans cette perspective que la CCI Paris Île-de-France propose le Comité Afrique du Club World Trade Center Paris Île-de-France, un réseau destiné aux entrepreneurs et dirigeants de PME engagés ou souhaitant s’engager sur les marchés africains. Un réseau pour mieux comprendre les marchés africains Le Comité Afrique réunit des entreprises et des experts autour des enjeux économiques du continent. Son objectif est notamment de favoriser les échanges, le partage d’expériences et l’accès à des opportunités d’affaires, en coopération avec des chefs d’entreprise africains et des institutions économiques. Pour une PME ou une ETI qui envisage de développer ses activités sur un ou plusieurs marchés africains, intégrer un réseau spécialisé peut permettre de confronter son projet aux expériences d’autres entreprises et de mieux identifier les réalités propres aux différents pays et secteurs. Le réseau propose notamment des rencontres régulières entre membres, des activités mensuelles ainsi que des échanges directs avec d’autres entreprises afin de partager des contacts, des informations sur un marché ou encore des retours d’expérience. Des échanges avec des experts et des acteurs économiques L’un des intérêts du Comité Afrique réside également dans l’accès à des informations économiques et sectorielles actualisées. Des rencontres professionnelles sont organisées avec des experts et des acteurs économiques spécialisés afin d’aborder l’évolution des marchés, l’environnement des affaires ou encore les secteurs présentant des opportunités. Le réseau prévoit également des échanges avec des entrepreneurs, cadres et représentants des pouvoirs publics africains. Cette dimension peut être particulièrement utile pour les entreprises qui cherchent à mieux appréhender un marché avant d’y engager des ressources commerciales ou financières. La CCI Paris Île-de-France met par ailleurs à disposition des membres des informations issues notamment du bulletin hebdomadaire « Objectifs AFRIQUE » du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères et du ministère de l’Économie. Transformer les contacts en opportunités de business Développer son activité à l’international ne repose pas uniquement sur la connaissance théorique d’un marché. La capacité à rencontrer les bons interlocuteurs et à créer des relations de confiance peut également jouer un rôle important. C’est l’une des vocations du Comité Afrique, qui permet à ses membres de contacter directement d’autres entreprises du réseau pour échanger sur un pays, un secteur, un partenaire ou un prestataire, voire envisager une action commune. Le réseau propose également des services personnalisés et un accompagnement permettant de bénéficier des réseaux de la CCI afin de faciliter la concrétisation de projets de développement en Afrique. Les membres bénéficient en outre de tarifs préférentiels pour certaines actions et événements organisés par la CCI Paris Île-de-France. Une communauté pour les entreprises déjà présentes ou en développement Le Comité Afrique ne s’adresse donc pas uniquement aux entreprises qui découvrent le continent. Il peut également intéresser celles qui y sont déjà implantées ou qui y développent des relations commerciales et souhaitent élargir leur réseau. L’adhésion donne notamment accès aux rencontres membres, aux activités du réseau et au dîner annuel du Comité Afrique, qui constitue un temps d’échanges consacré aux relations d’affaires avec le continent. L’adhésion annuelle est actuellement proposée à 400 € HT pour les TPE et PME/PMI, et à 700 € HT pour les ETI et grandes entreprises. Le Comité Afrique est situé dans les locaux de la CCI Paris Île-de-France, au 22 rue Georges Picquart à Paris. Pour les dirigeants qui souhaitent structurer leur développement en Afrique, renforcer leur réseau local et bénéficier d’échanges avec des entreprises et des experts connaissant les marchés du continent, le Comité Afrique constitue ainsi un dispositif dédié aux projets d’affaires en Afrique.

Découvrir le Comité Afrique et obtenez davantage d’informations sur les modalités d’adhésion

Everfair Group : L’engagement humain au service de votre patrimoine
Dans un monde où la gestion patrimoniale exige à la fois expertise, rigueur et sens du service, Everfair Group se distingue par une approche résolument globale et sur mesure. En alliant conseil stratégique, solutions d’investissement diversifiées et accompagnement personnalisé, cette société offre à ses clients un cadre de confiance unique, fondé sur la transparence, la disponibilité et une exigence de résultats. Doté d’une vision internationale, Everfair Group accompagne également ses clients avec une approche à 360°, qu’il s’agisse d’organisation patrimoniale, de private equity, de cession d’actifs ou de financement immobilier. L’humain, l’écoute et l’excellence sont au cœur de sa démarche. Philippe Buerch, fondateur et dirigeant d’Everfair Group, prend ici la parole pour partager sa vision, ses engagements et les valeurs qui guident son action au quotidien.
INSCRIVEZ-VOUS À NOTRE NEWSLETTER
AUX DERNIÈRES NOUVELLES
×

Vous êtes dirigeant ou cadre ?
Vous avez une question ou besoin d'une information ?

Le respect de votre vie privée est notre priorité

L’accès au site implique l’utilisation de cookies mais celle-ci est subordonnée à votre consentement.