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Émeutes urbaines : assurances, indemnisation, aides d’urgence et solutions pour les PME et ETI du commerce victimes des pillages.
Les émeutes urbaines des 17 et 18 octobre 2026 ont provoqué des destructions considérables dans de nombreuses villes françaises. Derrière les vitrines brisées, les magasins pillés et les bâtiments incendiés, des milliers de commerçants doivent désormais faire face à une urgence économique : réparer leurs locaux, reconstituer leurs stocks, préserver leurs salariés et retrouver une activité normale. Pour les PME et les ETI du retail, déjà confrontées à un environnement économique difficile, ces violences pourraient avoir des conséquences durables. Par Franck Boccara Le bilan de ces émeutes urbaines communiqué par les représentants du commerce témoigne de l’ampleur de la crise. Alexandre Bompard, président de la Fédération du commerce et de la distribution (FCD), a estimé le 18 octobre à environ 1 500 le nombre de commerces directement touchés, pour plusieurs centaines de millions d’euros de dégâts. Le président de CCI France a, de son côté, évoqué un bilan dépassant les 2 000 commerces touchés, selon les déclarations rapportées. Ces chiffres, encore susceptibles d’évoluer, illustrent la gravité de la situation. Face à ces émeutes urbaines, une exigence s’impose : les entreprises victimes ne doivent pas être abandonnées à leur sort. Les auteurs des pillages et des dégradations doivent répondre de leurs actes, tandis que les pouvoirs publics, les assureurs et les établissements bancaires doivent apporter des réponses concrètes aux entrepreneurs sinistrés. La solidarité envers les commerçants ne peut se limiter à des déclarations de principe. Elle doit se traduire par des indemnisations rapides, des solutions de trésorerie et un accompagnement efficace.

Des émeutes urbaines aux conséquences économiques majeures

Les violences des 17 et 18 octobre ne se résument pas à quelques vitrines brisées ou à des affrontements localisés. Dans plusieurs villes, des individus masqués ont forcé les accès de magasins, dérobé des marchandises et dégradé des équipements. Des commerces alimentaires, des boutiques de vêtements, des magasins spécialisés, des bars et des établissements de proximité ont notamment été visés. À Paris, les secteurs touchés par ces émeutes urbaines ont découvert au lendemain des événements des vitrines détruites, des rayons vidés et des locaux parfois inutilisables. D’autres villes, notamment Lyon, Marseille, Bordeaux, Rennes, Strasbourg, Grenoble, Nice et Limoges, ont également connu des pillages ou des dégradations. À Limoges, l’incendie de l’hôtel de ville a constitué l’un des épisodes les plus marquants de ce week-end de violences. Le groupe Carrefour a notamment indiqué que 50 de ses magasins avaient été visés, dont 19 magasins de proximité et supermarchés. Son dirigeant a évoqué un coût de réparation supérieur à 10 millions d’euros pour les établissements concernés. Ces dommages s’ajoutent à ceux subis par les autres enseignes nationales, les réseaux de franchise et les commerçants indépendants. Mais les dégâts matériels ne représentent qu’une partie du problème. Pour une entreprise, une fermeture forcée peut rapidement se transformer en crise financière. Un magasin qui ne peut plus accueillir de clients ne réalise plus de chiffre d’affaires, alors que ses charges continuent généralement de courir. Les loyers, les salaires, les remboursements d’emprunts, les factures énergétiques et les contrats de maintenance ne disparaissent pas avec la vitrine brisée. À cela s’ajoutent les dépenses de sécurisation, de nettoyage et de remise en état. Les marchandises volées ou détruites lors des émeutes urbaines constituent une autre difficulté. Pour certains commerces, le stock représente une part importante des capitaux immobilisés. Sa disparition peut compromettre les ventes pendant plusieurs semaines, notamment lorsque les fournisseurs ne sont pas en mesure de livrer rapidement les produits de remplacement. Les conséquences sont particulièrement sensibles pour les PME du retail, qui disposent souvent de marges de trésorerie limitées. Une grande enseigne peut mobiliser des équipes techniques et financières pour organiser la remise en état de plusieurs établissements. Un commerçant indépendant ou une petite chaîne régionale dispose rarement des mêmes moyens. Les ETI ne sont pas épargnées. Elles doivent gérer simultanément plusieurs sinistres, réorganiser leurs approvisionnements, soutenir leurs équipes locales et préserver la continuité de leur réseau. Pour les entreprises franchisées, les difficultés peuvent être encore plus complexes : les obligations envers la tête de réseau, le bailleur et les fournisseurs continuent parfois de s’appliquer alors que le magasin reste fermé.

Les entreprises ne doivent pas payer le prix des violences

Le droit de manifester est fondamental dans une démocratie. Les revendications relatives au pouvoir d’achat, aux services publics ou aux conditions de vie peuvent légitimement faire l’objet d’un débat public. Mais aucune revendication ne justifie le pillage d’un commerce, l’incendie d’un bâtiment ou la destruction de l’outil de travail d’un entrepreneur. Il faut rappeler une réalité trop souvent reléguée au second plan : derrière chaque magasin se trouvent des personnes qui ont investi du temps, de l’argent et de l’énergie pour développer leur activité. Certains dirigeants ont engagé leurs économies personnelles. D’autres ont contracté des emprunts pour ouvrir un point de vente, embaucher des salariés ou développer une enseigne. Les émeutes urbaines ne détruisent donc pas uniquement des biens matériels. Elles fragilisent des parcours professionnels, menacent des emplois et mettent parfois en péril plusieurs années d’efforts. La jeunesse française ne saurait naturellement être assimilée dans son ensemble aux auteurs des émeutes urbaines. Toutefois, les individus qui participent aux pillages, aux incendies et aux agressions doivent être clairement désignés comme responsables de leurs actes et sanctionnés conformément à la loi. La question d’une éventuelle instrumentalisation politique des manifestations doit également être examinée. Les autorités ont dénoncé la participation de groupes radicaux d’extrême gauche et d’individus venus profiter du désordre pour commettre des infractions. Plusieurs responsables politiques ont, de leur côté, contesté l’analyse du gouvernement ou mis en avant les causes sociales de la mobilisation. Il appartient aux enquêtes de déterminer les responsabilités individuelles et d’établir, le cas échéant, l’existence de liens entre certains auteurs de ces émeutes urbaines et des organisations politiques. Il serait prématuré de présenter une manipulation politique coordonnée comme un fait établi. Cette prudence ne doit toutefois pas empêcher de condamner sans ambiguïté les destructions. Quelles que soient les motivations invoquées, les entreprises victimes ne peuvent pas devenir les variables d’ajustement d’un conflit politique ou social.

Assurances : les premières démarches à engager pour être indemnisé

Pour les entreprises sinistrées, les premiers jours sont déterminants. Les dirigeants doivent simultanément sécuriser leurs locaux, préserver les preuves, déclarer les dommages et organiser la reprise de leur activité. La première démarche consiste à vérifier que l’on a une bonne assurance et contacter rapidement son courtier afin de déclarer le sinistre. Il faut préciser la date des événements, l’adresse du commerce, la nature des dommages et les conséquences sur l’exploitation. Cette déclaration doit être effectuée dans les délais prévus par le contrat. Un délai de cinq jours ouvrés est fréquemment applicable à certains sinistres, mais les modalités exactes dépendent de la garantie concernée. Le dirigeant doit donc vérifier immédiatement les conditions de sa police d’assurance et ne pas attendre la fin de l’évaluation des pertes. Il est conseillé de conserver une trace écrite de la déclaration, de demander un numéro de dossier et d’identifier un interlocuteur chargé du suivi.
  1. Déposer plainte et conserver toutes les preuves
Le dépôt de plainte constitue une étape essentielle. Il permet de signaler officiellement les dégradations, les vols et les éventuels incendies, et de disposer d’un document utile au traitement du dossier par l’assureur. Les dirigeants doivent également photographier et filmer les locaux avant de procéder au nettoyage, dès lors que cela peut être fait sans danger. Les vitrines, les équipements, les marchandises endommagées et les installations détériorées doivent être documentés. Il est recommandé de dresser un inventaire détaillé des pertes dues aux émeutes urbaines, en s’appuyant sur les factures d’achat, les relevés de stock et les documents comptables. Les devis de réparation, les factures de gardiennage et les dépenses de sécurisation doivent également être conservés. Lorsque des marchandises doivent être évacuées pour des raisons de sécurité, leur état et leur quantité doivent être documentés autant que possible. Il convient de ne pas jeter les biens endommagés avant l’accord de l’expert ou de l’assureur, sauf nécessité. 2. Vérifier précisément les garanties du contrat Les garanties varient d’un contrat à l’autre. Le dirigeant doit notamment vérifier la couverture des dommages aux locaux, du bris de glace, du vandalisme, du vol de marchandises et des équipements professionnels. Pour mieux comprendre les conditions de couverture, il est utile de consulter les informations de France Assureurs sur l’indemnisation des dégâts liés aux violences urbaines. La garantie pertes d’exploitation mérite une attention particulière. Lorsqu’elle est souscrite et que ses conditions de déclenchement sont réunies, elle peut permettre de compenser une partie de la perte de marge résultant de l’interruption ou de la réduction de l’activité. Elle n’est cependant ni automatique ni systématique. Il faut examiner les événements couverts, les franchises, les plafonds, les exclusions éventuelles et la durée maximale d’indemnisation. Les entreprises doivent également demander si les frais de sécurisation provisoire, de nettoyage ou de relogement temporaire peuvent être pris en charge. 3. Demander une expertise et une avance sur indemnisation L’assureur peut mandater un expert pour évaluer les dommages. Le dirigeant doit lui fournir les documents disponibles et signaler l’ensemble des pertes connues, sans limiter son dossier aux seules réparations matérielles. Si le montant définitif du sinistre ne peut pas être établi immédiatement, il est pertinent de demander une avance sur indemnisation. Cette possibilité dépend du contrat, de l’évaluation du dossier et de l’accord de l’assureur. Pour une entreprise qui doit reconstituer son stock ou financer des travaux urgents, une avance peut contribuer à éviter une rupture prolongée d’activité. En cas de désaccord sur l’évaluation, le dirigeant peut envisager de recourir à un expert d’assuré indépendant, après avoir vérifié les honoraires et les conditions de prise en charge éventuelle. L’objectif est d’obtenir une indemnisation conforme aux garanties souscrites et correspondant aux dommages justifiés. Il faut donc suivre le dossier régulièrement et conserver une trace écrite des échanges.

Au-delà de l’assurance, préserver la trésorerie et les emplois

L’indemnisation ne résout pas toutes les difficultés. Les franchises, les plafonds de garantie, les exclusions et les délais d’expertise peuvent laisser une partie importante des pertes à la charge des entreprises. C’est particulièrement préoccupant pour les PME du commerce, qui doivent financer leurs dépenses courantes sans disposer nécessairement de réserves suffisantes. Plusieurs leviers doivent être mobilisés dès les premiers jours. Le premier concerne les échéances fiscales et sociales. Les entreprises sinistrées par les émeutes urbaines peuvent contacter leur service des impôts des entreprises et l’Urssaf afin d’examiner les possibilités de délais de paiement ou d’échéanciers adaptés à leur situation. Ces aménagements doivent être demandés et ne sont pas accordés automatiquement. Un dossier présentant les dommages, les pertes d’activité et les besoins de trésorerie facilitera l’examen de la demande. Le deuxième levier concerne les banques. Les dirigeants peuvent solliciter un report d’échéances de crédit, une adaptation temporaire des remboursements ou une ligne de trésorerie destinée à financer la reprise. La déclaration de sinistre, les premières estimations de pertes et un plan de redémarrage constituent des éléments utiles pour justifier la demande. Le troisième levier concerne l’emploi. Si la fermeture temporaire d’un établissement empêche les salariés de travailler, l’entreprise doit se rapprocher des services compétents pour vérifier son éventuelle éligibilité à l’activité partielle. Le maintien des équipes est essentiel pour redémarrer rapidement une fois les locaux remis en état. Le quatrième levier concerne les aides publiques. Les collectivités territoriales, les chambres consulaires et l’État doivent informer les entreprises sur les dispositifs effectivement disponibles. Pour les situations les plus graves, il faut également examiner la possibilité d’un soutien exceptionnel complémentaire lorsque l’assurance ne permet pas de couvrir l’ensemble des pertes. Enfin, les commerçants franchisés doivent prévenir leur tête de réseau et leur bailleur. Ils doivent examiner les clauses contractuelles relatives aux interruptions d’activité, aux redevances et aux obligations de remise en état. Ces questions dépendent de chaque contrat et peuvent nécessiter un conseil juridique.

Le gouvernement doit apporter une réponse économique immédiate

Le 18 octobre, le ministère de l’Économie a annoncé une réunion organisée à Bercy le lendemain par Serge Papin, ministre chargé des PME, du Commerce, de l’Artisanat, du Tourisme et du Pouvoir d’achat. Les représentants des commerçants, des enseignes, des artisans, des restaurateurs, des banques et des assurances devaient participer à cette réunion afin d’établir le bilan des dégâts et d’identifier les mesures de soutien possibles. Cette initiative est nécessaire. Mais le véritable enjeu est désormais de transformer la concertation en décisions rapidement applicables. Les entreprises ont besoin de connaître les interlocuteurs auxquels s’adresser, les justificatifs à fournir, les délais d’instruction et les aides auxquelles elles peuvent prétendre. Une succession de réunions et d’annonces générales ne suffira pas à répondre aux besoins des dirigeants confrontés à une fermeture prolongée. Une réponse gouvernementale à la hauteur de la crise devrait s’articuler autour de plusieurs priorités. La première consiste à accélérer le traitement des dossiers d’assurance. Les pouvoirs publics doivent travailler avec les fédérations professionnelles et les assureurs pour identifier les blocages, faciliter les expertises et encourager le versement d’avances lorsque les conditions sont réunies. La deuxième consiste à organiser un accompagnement de trésorerie pour les entreprises les plus fragilisées. Il faut examiner les possibilités de reports de charges, de financement bancaire et d’aides complémentaires, en veillant à ce que les procédures restent accessibles aux petites structures. La troisième consiste à soutenir la remise en état des commerces et la reprise de l’activité dans les quartiers touchés. Les entreprises qui ne peuvent pas rouvrir immédiatement doivent bénéficier d’un accompagnement permettant de limiter les pertes d’emplois et les ruptures d’approvisionnement. La quatrième concerne la sécurité. Le gouvernement doit tirer les enseignements des événements, examiner les conditions d’intervention des forces de l’ordre et renforcer la protection des établissements exposés lorsque les circonstances le justifient. Les représentants du commerce ont notamment demandé une mobilisation renforcée des dispositifs de prévention et de protection des magasins. La réponse publique doit également garantir que les responsabilités soient établies et que les auteurs des infractions soient poursuivis dans le respect de la loi.

CCI France et les organisations professionnelles en première ligne

Les chambres de commerce et d’industrie ont un rôle déterminant à jouer dans l’accompagnement des entreprises sinistrées. Elles connaissent les réalités économiques locales et peuvent orienter les dirigeants vers les interlocuteurs compétents. Les entreprises doivent pouvoir obtenir rapidement une information claire sur les démarches à engager, les pièces à réunir et les dispositifs ouverts. Les CCI peuvent également aider les dirigeants à établir un premier diagnostic économique, à organiser leurs demandes et à identifier les solutions de continuité d’activité. Les organisations professionnelles ont, elles aussi, un rôle essentiel. La Fédération du commerce et de la distribution a alerté sur le montant des dégâts et les conséquences des fermetures. Le Syndicat des indépendants a souligné le risque que ces violences représentent pour les petites entreprises dont les trésoreries sont déjà fragilisées. L’Alliance du Commerce a insisté sur la nécessité d’un retour au calme, notamment à l’approche de la période des ventes de fin d’année. Ces interventions convergent vers un même constat : au-delà des dégâts matériels, les pertes d’exploitation et les charges qui continuent de courir peuvent mettre en péril des entreprises pourtant viables avant les événements. Il faut donc mettre en place un accompagnement qui tienne compte de la réalité des entreprises, et pas seulement du coût des réparations. Émeutes urbaines du 17 octobre 2026

Une crise urbaine d’une ampleur exceptionnelle qui exige des mesures à la hauteur

Les événements des 17 et 18 octobre constituent un épisode d’une gravité exceptionnelle par le nombre de villes concernées, l’ampleur des pillages et les pertes économiques annoncées. Il est encore trop tôt pour établir une comparaison historique définitive, mais les conséquences pour les entreprises justifient une mobilisation nationale. La France ne peut pas accepter que des entrepreneurs qui contribuent chaque jour à l’emploi, à l’activité des territoires et au financement des services publics soient laissés seuls face aux conséquences de telles violences. Le gouvernement doit agir sur deux fronts : prévenir la répétition de ces événements et permettre aux victimes de se relever. Cela implique une réponse judiciaire adaptée aux faits établis, une protection plus efficace des commerces exposés et un accompagnement économique réellement opérationnel. L’État doit notamment veiller à ce que les entreprises les plus fragiles ne soient pas contraintes de fermer définitivement faute de trésorerie pendant que leurs dossiers d’indemnisation sont examinés. Les assurances doivent, de leur côté, traiter les sinistres avec diligence, dans le respect des contrats. Les banques et les organismes publics doivent étudier les solutions de financement et d’aménagement accessibles aux entreprises concernées. La question dépasse largement celle du commerce. Un magasin qui disparaît peut laisser un quartier sans service de proximité, fragiliser ses fournisseurs et supprimer des emplois. Une entreprise qui ne peut pas remplacer son stock ou réparer ses locaux perd aussi des recettes fiscales et sociales qui auraient contribué à l’économie nationale. La protection des entreprises constitue donc un enjeu d’intérêt général.

Défendre les entreprises, c’est défendre l’économie française

Les émeutes urbaines des 17 et 18 octobre rappellent avec brutalité la vulnérabilité de l’activité économique face aux violences collectives. Pour les PME et les ETI du retail, la priorité est désormais de réparer, d’indemniser et de reprendre le travail. Pour les pouvoirs publics, elle consiste à faire en sorte que ces entreprises disposent des moyens nécessaires pour y parvenir. Les premières démarches doivent être engagées sans attendre : sécuriser les locaux, déposer plainte, conserver les preuves, déclarer les sinistres, vérifier les garanties et solliciter les interlocuteurs bancaires et administratifs. Les CCI et les organisations professionnelles doivent faciliter ces démarches, tandis que le gouvernement doit clarifier rapidement les dispositifs de soutien. Mais l’urgence économique ne doit pas faire oublier la question de la responsabilité. Les destructions et les pillages ne peuvent être banalisés ni justifiés par les revendications d’une partie des manifestants. Les auteurs des violences doivent répondre de leurs actes, et toute éventuelle organisation de ces violences doit être établie par les enquêtes. La France doit également tirer les enseignements de cette crise afin de mieux protéger les commerces, les salariés et les habitants. Il ne suffit pas de constater les dégâts une fois les violences terminées. Il faut anticiper les risques, améliorer la coordination des acteurs et garantir une réponse rapide aux victimes. Face à cette crise urbaine d’une ampleur exceptionnelle, les mesures du gouvernement doivent être à la hauteur des événements. Les entrepreneurs ne demandent pas un privilège : ils attendent que leur outil de travail soit protégé, que leurs pertes soient examinées avec diligence et qu’ils puissent continuer à faire vivre leurs entreprises. C’est à cette condition que les commerces pourront rouvrir, que les emplois pourront être préservés et que les territoires touchés retrouveront leur dynamisme. Défendre les entreprises victimes des violences, c’est défendre celles et ceux qui créent de la valeur, investissent et contribuent chaque jour à la vitalité de l’économie française.
BOOST Event 2026 : une soirée pour développer son réseau et accélérer sa croissance
Le jeudi 5 novembre 2026, la CCI Paris Île-de-France donne rendez-vous aux dirigeants de TPE et PME pour une nouvelle édition de BOOST Event 2026. Organisé au Musée des Arts Forains, à Paris, cet événement professionnel entend favoriser les rencontres entre entrepreneurs, décideurs, partenaires et acteurs de l’innovation. Au programme : découverte de solutions concrètes, conférence inspirante et rendez-vous d’affaires dans un cadre original, conçu pour transformer les échanges en opportunités de développement.

Un événement business pour multiplier les rencontres utiles

Développer son réseau, identifier de nouveaux partenaires et faire émerger des opportunités commerciales figurent parmi les préoccupations quotidiennes des dirigeants. Pourtant, faute de temps ou de contacts adaptés, ces démarches peuvent être difficiles à mener de manière efficace. C’est précisément pour répondre à ces enjeux que la CCI Paris Île-de-France organise BOOST Event 2026. Depuis cinq ans, ce rendez-vous rassemble plus de 600 dirigeants de TPE et PME autour de temps forts dédiés au développement commercial et aux échanges professionnels. L’édition 2025 avait notamment permis l’échange de plus de 5 000 cartes de visite. Pour cette cinquième édition, l’ambition reste la même : permettre aux participants de rencontrer des interlocuteurs pertinents, de présenter leur activité et d’identifier de nouvelles pistes de collaboration. Avec plus de 30 partenaires annoncés, l’événement entend réunir un écosystème diversifié d’entrepreneurs et d’experts, dans une logique de mise en relation et de création de valeur.

Le Village des Solutions : identifier de nouveaux leviers de croissance

La soirée débutera à 16 heures avec le Village des Solutions, qui accueillera les participants jusqu’à 18 h 30. Cet espace réunira des partenaires, des experts et des entreprises proposant des solutions destinées à accompagner le développement des organisations. Pour aller plus loin, les dirigeants peuvent également découvrir les offres et services de la CCI Paris Île-de-France aux entreprises, qui couvrent de nombreux besoins liés à la création, au développement et à la transmission d’une activité. Pour les dirigeants, cette première séquence sera l’occasion de découvrir de nouvelles offres, d’échanger avec des spécialistes et d’identifier des réponses à certaines problématiques opérationnelles ou commerciales. Qu’il s’agisse d’améliorer ses performances, de structurer sa croissance ou de préparer de nouveaux projets, les échanges pourront permettre de repérer des interlocuteurs susceptibles d’accompagner les prochaines étapes du développement de l’entreprise. Cette approche donne une dimension concrète au networking : au-delà de la simple prise de contact, les participants pourront explorer des solutions et envisager des collaborations adaptées à leurs besoins.

Une conférence autour de l’entrepreneuriat et de la vente

De 18 h 30 à 19 h 30, place à l’inspiration avec une séquence consacrée aux expériences entrepreneuriales et aux leviers de croissance. Cette année, la keynote s’articulera autour du thème « Entreprendre, c’est vendre ». La vente, la différenciation et la capacité à construire une entreprise à son image seront au cœur des échanges. Parmi les intervenants annoncés figure Nina Ramen, entrepreneure et experte LinkedIn, fondatrice des Patronnes. Elle partagera notamment sa vision d’une croissance plus saine et durable, ainsi que les moyens de développer son activité sans perdre de vue l’équilibre du dirigeant. D’autres entrepreneurs et intervenants doivent également compléter le programme. Leurs témoignages et retours d’expérience viendront nourrir la réflexion des participants sur les réalités du développement commercial et les choix qui permettent à une entreprise de se démarquer. Pour les dirigeants, cette séquence sera l’occasion de prendre du recul sur leurs pratiques, de découvrir d’autres approches et de repartir avec de nouvelles pistes de réflexion.

Un cocktail networking pour transformer les contacts en opportunités

À partir de 19 h 30, les échanges se poursuivront autour d’un cocktail networking, jusqu’à 22 heures. Particularité de cette édition : les rendez-vous d’affaires seront intégrés directement à ce temps convivial. Grâce à une plateforme de matchmaking, les participants pourront organiser des rencontres avec des interlocuteurs correspondant à leurs objectifs. Cette préparation doit permettre de rendre les échanges plus ciblés et de faciliter l’identification de synergies entre entreprises. Pour une PME, rencontrer un futur partenaire commercial, un prestataire spécialisé ou un autre dirigeant confronté à des enjeux similaires peut ouvrir des perspectives nouvelles. L’intérêt est également de pouvoir prolonger les discussions après l’événement et de transformer les premiers contacts en relations professionnelles durables. En associant rendez-vous organisés et échanges informels, BOOST Event 2026 entend ainsi concilier efficacité commerciale et convivialité.

Un cadre exceptionnel au Musée des Arts Forains

Pour cette cinquième édition, la CCI Paris Île-de-France a choisi le Théâtre du Merveilleux, situé au sein du Musée des Arts Forains, aux Pavillons de Bercy. Lieu singulier, marqué par l’univers des fêtes foraines et des décors spectaculaires, il apportera une dimension originale à cette soirée professionnelle. L’objectif est de proposer aux participants une expérience qui se distingue des rencontres d’affaires traditionnelles, tout en conservant une finalité clairement orientée vers le développement des entreprises. Rendez-vous le jeudi 5 novembre 2026, de 16 h à 22 h 30, au Musée des Arts Forains, 53 avenue des Terroirs de France, Paris 12e. Les dirigeants intéressés peuvent consulter le programme détaillé et les modalités d’inscription sur le site de la CCI Paris Île-de-France.

Programme et inscription

Innovation à l’international : participez à l'évènement "faites de l’international 75" le 5 novembre
Dans le cadre du partenariat qui nous lie à la CCI Paris Ile-de-France, PME-ETI.fr vous tient informés en priorité des principaux évènements et réseaux qui peuvent vous permettre de booster votre croissance et de rencontrer des acteurs-clés de l’économie. Pour les PME et les ETI, conquérir de nouveaux marchés représente une opportunité de croissance majeure. Mais réussir son développement à l’étranger nécessite une préparation rigoureuse, notamment lorsqu’une entreprise commercialise une technologie, un produit ou un service innovant. L’innovation à l’international suppose en effet d’anticiper plusieurs enjeux essentiels : financement, protection de la propriété intellectuelle, choix des marchés et accompagnement stratégique. C’est dans cette perspective que la CCI Paris Île-de-France organise, le 5 novembre 2026, une matinée consacrée à l’innovation à l’international. Proposée dans le cadre de l’événement « Faites de l’international 2026 », cette rencontre permettra aux entreprises de bénéficier de l’expertise de professionnels du financement, de l’export et de l’innovation.

Développement international : transformer l’innovation en avantage concurrentiel

Innover constitue un levier de différenciation, mais le succès d’une entreprise sur son marché national ne garantit pas sa réussite à l’étranger. Chaque projet d’exportation suppose d’identifier les marchés les plus pertinents, d’évaluer les risques commerciaux et de mobiliser les ressources nécessaires. Pour préparer cette démarche, les dirigeants peuvent également consulter notre article consacré aux solutions publiques d’aide à l’export, qui présente les dispositifs mobilisables pour accompagner leur développement international. Pour les dirigeants de PME et d’ETI, plusieurs questions se posent : comment financer une stratégie de développement international ? Quels pays privilégier ? Comment protéger une marque ou un brevet hors de France ? Sur quels partenaires s’appuyer pour structurer sa démarche ? La matinée organisée par la CCI Paris Île-de-France entend apporter des réponses concrètes à ces problématiques. L’objectif est de permettre aux entreprises innovantes de mieux appréhender les étapes de leur développement à l’export et d’identifier les dispositifs susceptibles de soutenir leur croissance.

Financer et structurer son projet export : les temps forts de la matinée

La rencontre débutera à 9 heures par une ouverture assurée par Thibault Merendon, élu de la CCI Paris Île-de-France. Les échanges seront animés par Rosa Accari, responsable du service Développement international des territoires. Une première séquence, prévue à 9 h 10, sera consacrée au financement des projets innovants à l’international. Des représentants de Coface, de la CCI des Hauts-de-Seine, de Bpifrance et d’Enterprise Europe Network présenteront leurs expertises et les solutions mobilisables par les entreprises. À 9 h 50, les participants pourront approfondir les conditions de réussite d’un projet innovant à l’export. Christophe Poupart, directeur général de Wacano, évoquera notamment le rôle de l’écosystème local dans le rayonnement international. Benjamin Tissot, de Team France Export, abordera la stratégie d’entrée sur les marchés étrangers et leur ciblage. Julie Zerbib, déléguée régionale Île-de-France de l’INPI, présentera quant à elle les enjeux liés à la protection des marques et des brevets à l’international. Une troisième séquence mettra en lumière l’accompagnement proposé par l’écosystème français de l’innovation. Nicolas Desruelles, directeur de l’accompagnement de La French Tech, et Livia Klintoe, cheffe de projet Smart Région au Conseil régional d’Île-de-France, interviendront aux côtés d’une entreprise témoignant de son expérience.

Des échanges directs avec les experts de l’export et de l’innovation

Au-delà des conférences, cette matinée offrira aux participants la possibilité de rencontrer individuellement plusieurs organismes d’accompagnement à partir de 11 heures. L’INPI pourra notamment renseigner les entreprises sur la propriété industrielle, les brevets et les marques. Bpifrance présentera ses solutions de financement et d’accompagnement du développement international. Team France Export pourra conseiller les participants sur leur stratégie commerciale, tandis que Coface apportera son expertise en matière d’information commerciale, d’assurance-crédit et de recouvrement de créances. La CCI Paris Île-de-France proposera également un accompagnement autour des premières démarches à l’export, de l’identification des financements et du montage des dossiers. Ces échanges constituent une occasion de confronter son projet aux conseils de spécialistes et de mieux identifier les ressources disponibles pour accélérer son développement.

Informations pratiques et inscription

Cette matinée dédiée à l’innovation à l’international se déroulera le jeudi 5 novembre 2026, de 9 heures à 12 heures, dans les locaux de la CCI Paris Île-de-France, au 11 rue Léon Jouhaux, dans le 10ᵉ arrondissement de Paris. Un accueil café est prévu à partir de 8 h 30. La participation est gratuite, sur inscription préalable, dans la limite des places disponibles.* Les dirigeants de PME et d’ETI, les responsables de l’innovation et les entreprises souhaitant structurer ou accélérer leur stratégie export peuvent consulter le programme complet et s’inscrire

Programme et inscription

Réussir en Afrique - Les conseil d'un expert

L’Afrique est souvent présentée comme un marché en forte croissance, offrant un potentiel client inégalé. Sur le papier, cela est indéniable. Mais derrière cette dynamique prometteuse, il est essentiel d’éviter l’illusion de la facilité. L’Afrique n’est ni un bloc homogène ni un marché unique. Chaque pays a ses réalités locales, son histoire, son cadre réglementaire et ses propres codes d’affaires. Ce qui fonctionne en Europe ou en Asie n’est pas transposable tel quel sur le continent. Réussir en Afrique exige bien plus qu’une bonne offre commerciale : il faut une capacité d’adaptation permanente, une lecture fine des écosystèmes locaux et une gestion proactive des risques.

Par Franck Boccara

Au-delà des différences culturelles et économiques, les fondamentaux mêmes de l’environnement des affaires sont souvent plus complexes qu’on ne l’imagine. Des éléments considérés comme acquis en Europe  (accès stable à l’électricité, infrastructures de transport fiables, sécurité foncière, cadre fiscal prévisible) peuvent poser de sérieux défis pour réussir en Afrique. De plus, la volatilité politique reste une donnée à intégrer dans toute stratégie : périodes électorales, réformes législatives soudaines ou encore changements de régime, qu’ils soient constitutionnels ou militaires, ont un impact direct sur l’environnement économique.

Se lancer en Afrique sans une préparation rigoureuse, sans partenaires locaux solides et sans une parfaite compréhension des dynamiques régionales, c’est prendre le risque de perdre du temps et beaucoup d’argent. C’est pourquoi il est essentiel de s’appuyer sur des experts du terrain, capables de sécuriser les opérations et de naviguer dans des environnements complexes en intégrant toutes les dimensions – réglementaire, financière, réputationnelle et opérationnelle.

En somme, l’Afrique offre des opportunités majeures, mais y réussir demande une approche sur mesure, une vision de long terme et une capacité d’anticipation bien supérieure à celle requise sur d’autres marchés.

L’Afrique : un continent, pas un bloc uniforme

Avant toute chose, rappelons que l’Afrique n’est pas un marché homogène. Avec 54 pays, plus de 1,4 milliard d’habitants et une diversité linguistique, culturelle, économique et réglementaire unique au monde, il est impossible de l’aborder comme un ensemble uniforme. Chaque région, voire chaque pays, a ses propres dynamiques, influencées par l’histoire coloniale, les structures économiques, les cadres juridiques et les politiques monétaires.

L’environnement juridique varie considérablement d’un pays à l’autre. Certains États, comme ceux de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), partagent un cadre juridique commun inspiré du droit français (OHADA), ce qui facilite la structuration des investissements. À l’inverse, dans d’autres pays, la réglementation peut être plus instable, avec des modifications fréquentes des lois fiscales, des restrictions sur les changes ou des cadres d’investissement moins clairs. Il est donc essentiel d’avoir une expertise locale pour naviguer dans ces environnements et sécuriser ses opérations.

Les standards de gouvernance, les modes de financement et les habitudes de consommation ne sont pas uniformes. Certains marchés disposent de secteurs bancaires matures, permettant des financements structurés et des partenariats publics-privés solides, tandis que d’autres fonctionnent encore largement sur des modèles informels, où les transactions en espèces dominent. De même, le niveau de bancarisation et d’adoption des technologies financières varie : le Kenya est pionnier en matière de mobile banking avec M-Pesa, tandis que d’autres pays en sont encore à des stades plus rudimentaires d’inclusion financière.

Réussir en Afrique impose donc de comprendre ces spécificités et d’adopter une approche différenciée selon les pays et les secteurs. Une stratégie adaptée au Nigeria ne sera pas forcément transposable en Angola ou en Côte d’Ivoire. Le choix du pays d’implantation, des partenaires locaux et des leviers de croissance doit se faire avec une analyse approfondie des contraintes et opportunités propres à chaque marché. C’est précisément cette capacité d’adaptation qui fait la différence entre les entreprises qui réussissent sur le continent et celles qui échouent.

Où implanter son premier bureau de représentation ?

Lorsqu’une entreprise décide d’ouvrir un premier bureau en Afrique, mon conseil – au-delà de s’entourer des bons partenaires – est de privilégier soit un pays francophone complexe, soit un pays anglophone. Pourquoi ? Parce que l’erreur classique consiste à s’implanter dans des hubs perçus comme accessibles – Dakar, Abidjan ou Casablanca – en pensant que cette présence permettra ensuite de s’étendre facilement à d’autres marchés comme le Nigeria ou la Guinée équatoriale. Or, l’inverse est plus vrai : une entreprise qui sait opérer avec succès depuis Lagos aura moins de difficulté à s’étendre à Abidjan. D’un point de vue stratégique et en termes d’image, cette approche est plus valorisante. Même si, en termes d’accès, de ressources locales, d’infrastructures et d’électricité, l’environnement sera plus complexe.

Le risque réputationnel : un frein majeur aux investissements

Pour les PME et ETI qui envisagent une stratégie de croissance externe en Afrique, le principal facteur dissuasif reste le risque réputationnel. Voici pourquoi :

Un industriel français qui rachète un concurrent belge et vend des machines en Bulgarie ne suscitera aucun soupçon quant à l’usage de ses équipements. En revanche, une entreprise qui réalise un build-up en République démocratique du Congo sans une politique rigoureuse de KYC (Know Your Customer) et KYCC (Know Your Customer’s Customer) s’expose à des risques majeurs. Par exemple, si ses machines sont utilisées pour de la déforestation illégale ou si des pratiques liées au travail des enfants sont révélées, elle pourrait se retrouver en première page de Mediapart ou sous le coup de lourdes sanctions internationales.

Compliance et régulation : une vigilance accrue

Un autre point clé à ne pas sous-estimer est l’extraterritorialité du dollar. Toute transaction en USD tombe sous la juridiction des régulateurs américains, avec son cortège de contraintes et de sanctions (Magnitsky Act, Caesar Act I et II, FATCA, etc.). C’est, pour moi, l’un des points qui requiert le plus de vigilance. Lorsque l’on opère dans le secteur minier, de l’énergie ou du pétrole, les transactions se font toujours en dollars américains et non en monnaie locale. C’est pour cette raison qu’il faut à tout prix être extrêmement rigoureux concernant la législation américaine. L’usage du franc CFA, qui est arrimé à l’euro, est dès lors une bonne option pour éviter les fluctuations monétaires et les sanctions américaines.

Clause de non-concurrence : protéger son entreprise sans franchir la ligne rouge
Lorsqu’un collaborateur quitte une entreprise, il emporte avec lui bien plus qu’une simple expérience professionnelle. Au fil des années, il a acquis une connaissance des clients, des méthodes de travail, des processus internes, des partenaires, voire de la stratégie de développement de son employeur. Il est donc parfaitement légitime qu’une entreprise cherche à protéger ce capital immatériel. C’est précisément le rôle de la clause de non-concurrence. Par Eric Orsini Pour autant, cette protection ne peut pas tout justifier. Le droit français veille à préserver un équilibre entre les intérêts de l’entreprise et la liberté fondamentale de chacun d’exercer une activité professionnelle. Une clause trop restrictive, trop longue ou insuffisamment justifiée risque d’être écartée par les tribunaux. À l’inverse, une clause bien rédigée constitue un véritable outil de sécurisation de l’entreprise. Et il faut bien reconnaître qu’il est rarement possible d’interdire à quelqu’un de travailler jusqu’à la retraite simplement parce qu’il connaît le prénom des meilleurs clients ou l’endroit où est rangée la machine à café. Le droit apprécie généralement les choses avec davantage de mesure.

Clause de non-concurrence : un équilibre entre protection et liberté de travailler

La clause de non-concurrence a pour vocation d’empêcher qu’un salarié ou un dirigeant puisse, immédiatement après son départ, exercer une activité susceptible de porter atteinte aux intérêts de son ancien employeur. Mais cette protection n’est pas automatique. Pour être valable, la clause doit répondre à plusieurs exigences. Elle doit être justifiée par les intérêts légitimes de l’entreprise, limitée dans le temps, limitée géographiquement et proportionnée aux fonctions réellement exercées. Selon les situations, elle doit également prévoir une contrepartie financière. Ces principes répondent à une logique simple. Un directeur commercial disposant d’une parfaite connaissance de la clientèle stratégique ne présente évidemment pas le même niveau de risque qu’un salarié occupant des fonctions sans accès aux informations sensibles. Chaque situation mérite donc une appréciation adaptée. Dans la pratique, certaines entreprises pensent renforcer leur protection en rédigeant des clauses extrêmement larges. Pourtant, vouloir interdire à un ancien collaborateur d’exercer son métier sur la moitié du territoire pendant plusieurs années relève davantage du vœu pieux que de la sécurité juridique. Une clause excessive risque surtout d’être remise en cause et de perdre toute son efficacité.

Clause de non-concurrence : une réflexion qui commence bien avant le départ d’un salarié

Comme beaucoup de sujets juridiques, la clause de non-concurrence attire souvent l’attention au moment où un collaborateur annonce sa démission. C’est pourtant bien en amont que tout se joue. Les entreprises évoluent, les marchés changent, les responsabilités se transforment. Une clause rédigée plusieurs années auparavant n’est pas nécessairement adaptée à la réalité actuelle de l’entreprise. Elle peut être devenue trop restrictive, insuffisamment précise ou simplement inadaptée aux fonctions réellement exercées. Il est donc utile de revoir régulièrement les contrats des collaborateurs occupant des postes stratégiques. Cette démarche juridique permet de s’assurer que les engagements demeurent cohérents avec les besoins de l’entreprise tout en restant conformes à l’évolution de la jurisprudence. Il ne faut pas oublier non plus que la protection de l’entreprise ne repose jamais sur une seule clause. La confidentialité, la sécurisation des données, la limitation des accès aux informations sensibles, les procédures internes ou encore la fidélisation des équipes participent tout autant à la préservation du savoir-faire. Après tout, une entreprise dont toute la stratégie repose sur une seule personne présente déjà un risque… même si cette personne n’a absolument aucune intention de partir.

Clause de non-concurrence : prévenir les conflits plutôt que les subir

Lorsqu’un salarié rejoint un concurrent, les inquiétudes sont souvent nombreuses. Les clients vont-ils suivre ? Les informations confidentielles seront-elles utilisées ? Faut-il engager une procédure ? Dans bien des cas, ces craintes restent théoriques. La majorité des départs s’effectue dans un climat serein, chacun respectant les engagements pris lors de la signature du contrat. Lorsqu’une difficulté apparaît, le dialogue constitue souvent la meilleure solution. Clarifier les activités envisagées, rappeler les obligations contractuelles ou rechercher un accord équilibré permet fréquemment d’éviter un contentieux long, coûteux et incertain. Naturellement, lorsque des actes de concurrence déloyale sont caractérisés ou que des informations confidentielles sont utilisées de manière abusive, l’entreprise doit pouvoir défendre ses intérêts. Mais ces situations demeurent distinctes de la simple évolution professionnelle d’un salarié. En définitive, la clause de non-concurrence ne doit jamais être considérée comme un moyen d’empêcher un collaborateur de poursuivre sa carrière. Elle constitue avant tout un mécanisme juridique destiné à protéger des intérêts économiques légitimes dans le respect des droits de chacun. Une clause bien rédigée est souvent celle qui ne donnera jamais lieu à un procès. Parce qu’elle est équilibrée, comprise par les parties et adaptée à la réalité de l’entreprise. À l’inverse, une clause approximative ou manifestement excessive risque surtout d’alimenter de longues discussions… et parfois quelques factures d’avocats dont tout le monde se serait volontiers passé. En matière de droit comme en matière d’entreprise, l’anticipation reste bien souvent la meilleure des protections.
Dirigeant de PME-ETI confronté à une cyberattaque en entreprise et à une alerte de cybersécurité
La cyberattaque en entreprise ne constitue plus uniquement un problème informatique susceptible de perturber l’activité ou d’entraîner des pertes financières. Elle soulève également des enjeux juridiques importants, notamment lorsque des données personnelles de clients, de salariés ou de partenaires sont compromises. Pour les PME et les ETI, qui disposent parfois de ressources spécialisées plus limitées que les grands groupes, les conséquences peuvent être particulièrement lourdes : interruption de l’activité, atteinte à la réputation, perte de confiance des clients et éventuelles sanctions réglementaires. Le Règlement général sur la protection des données (RGPD) impose en effet aux organisations qui traitent des données personnelles de mettre en œuvre des mesures de sécurité adaptées et de réagir de manière appropriée lorsqu’une violation survient. Par Franck Boccara Cette violation ne se limite pas au vol de données : elle peut également résulter de leur destruction, de leur altération, de leur perte ou de leur indisponibilité. Une attaque par rançongiciel, par exemple, peut rendre les fichiers inaccessibles tout en permettant aux cybercriminels d’en extraire une copie. L’entreprise doit alors évaluer précisément la nature de l’incident et ses conséquences potentielles. La question n’est donc pas seulement de savoir comment rétablir les systèmes informatiques, mais aussi de déterminer quelles obligations doivent être respectées, quelles personnes doivent éventuellement être informées et comment démontrer que l’organisation a agi avec diligence. La préparation juridique devient ainsi une composante à part entière de la gestion des risques.

RGPD : quelles obligations lorsque des données personnelles sont compromises ?

Lorsqu’une cyberattaque en entreprise entraîne une violation de données personnelles, le RGPD prévoit des obligations précises. Le responsable du traitement doit notamment documenter l’incident et déterminer s’il est susceptible de présenter un risque pour les droits et libertés des personnes concernées. Lorsque ce risque existe, la violation doit être notifiée à la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL), dans les meilleurs délais et, si possible, dans les 72 heures suivant le moment où l’entreprise en a pris connaissance. Ce délai ne signifie pas que toute attaque informatique doit automatiquement être signalée à la CNIL : l’obligation dépend de la nature de l’incident et du risque associé à la violation de données personnelles. En revanche, une entreprise ne peut pas simplement ignorer un incident au motif que ses investigations ne sont pas terminées. Si toutes les informations nécessaires ne sont pas encore disponibles, une première notification peut être effectuée puis complétée ultérieurement. Lorsque la violation est susceptible d’engendrer un risque élevé pour les personnes concernées, celles-ci doivent également être informées, sauf exception prévue par le règlement. Cette information doit leur permettre de comprendre les conséquences possibles et, si nécessaire, de prendre des mesures de protection. Pour les dirigeants, l’enjeu consiste donc à prévoir un processus de décision suffisamment rapide, associant les équipes informatiques, la direction, le responsable de la protection des données lorsqu’il existe et les conseils juridiques de l’entreprise. Une réaction tardive ou une mauvaise appréciation du risque peut aggraver les conséquences de l’incident. À l’inverse, une procédure préparée en amont facilite la collecte des éléments nécessaires, la prise de décision et le respect des obligations réglementaires.

Responsabilité de l’entreprise : anticiper les conséquences juridiques et contractuelles

Les conséquences d’une cyberattaque en entreprise peuvent dépasser le cadre des obligations prévues par le RGPD. Une fuite de données peut exposer des clients ou des salariés à des risques d’usurpation d’identité, de fraude ou de divulgation d’informations confidentielles. Une interruption prolongée des systèmes peut également empêcher l’entreprise d’honorer ses engagements commerciaux, de produire ou de fournir ses services dans les délais convenus. Selon les circonstances, des différends peuvent alors apparaître avec des clients, des fournisseurs ou des partenaires, notamment lorsque les contrats prévoient des exigences de sécurité, de disponibilité ou de confidentialité. La responsabilité de l’entreprise ne peut toutefois pas être considérée comme automatique : elle dépend des faits, des obligations applicables et des mesures effectivement mises en œuvre. La CNIL peut, pour sa part, examiner le respect des règles de protection des données et prononcer des sanctions en cas de manquement. Le RGPD prévoit notamment, pour certaines violations de ses dispositions, des amendes pouvant atteindre 10 millions d’euros ou 2 % du chiffre d’affaires annuel mondial, le montant applicable dépendant de la nature du manquement et des règles de calcul prévues par le règlement. D’autres manquements peuvent relever de plafonds plus élevés. Il importe donc de ne pas confondre le simple fait d’avoir subi une attaque avec un défaut de conformité : une organisation peut être victime d’un acte malveillant malgré des mesures de sécurité appropriées. L’analyse portera notamment sur la pertinence des protections mises en place, la gestion de l’incident et le respect des obligations de notification. Les dirigeants ont intérêt à examiner leurs contrats, leurs procédures internes et leurs garanties d’assurance afin d’identifier les responsabilités respectives des parties et les conditions de prise en charge des conséquences financières. La conservation des preuves techniques et des décisions prises pendant la crise est également essentielle pour pouvoir expliquer les circonstances de l’incident et justifier les mesures adoptées.

Prévention et gestion de crise : faire de la cybersécurité un enjeu de gouvernance

Pour limiter les risques juridiques d’une cyberattaque en entreprise, les PME et les ETI doivent intégrer la cybersécurité à leur gouvernance plutôt que la considérer comme un sujet exclusivement technique. Cela suppose d’abord de connaître les données détenues, leur niveau de sensibilité, les personnes qui peuvent y accéder et les prestataires qui les traitent. Des mesures adaptées doivent ensuite être déployées : gestion rigoureuse des habilitations, authentification renforcée, mises à jour régulières, sauvegardes protégées et testées, surveillance des systèmes et sensibilisation des collaborateurs aux tentatives d’hameçonnage. Ces dispositifs doivent être accompagnés d’une procédure de gestion de crise précisant qui alerter, comment isoler les systèmes affectés, comment préserver les preuves et qui décide des notifications réglementaires. Il est également utile de vérifier les engagements de sécurité des prestataires informatiques et les modalités de traitement des incidents prévues dans les contrats. L’entreprise doit par ailleurs conserver une trace des violations de données personnelles et des mesures prises, y compris lorsque l’analyse conclut qu’une notification à la CNIL n’est pas nécessaire. Enfin, le recours à une assurance cyber peut contribuer à financer certaines dépenses consécutives à un incident, selon les garanties, exclusions et plafonds du contrat, mais ne dispense jamais l’entreprise de ses obligations légales. Face à une cyberattaque en entreprise, la capacité à réagir rapidement repose donc autant sur l’organisation et l’anticipation que sur les outils techniques. Pour les dirigeants, préparer les réponses opérationnelles et juridiques permet de réduire les conséquences d’un incident, de mieux protéger les personnes concernées et de préserver la continuité de l’activité. La cybersécurité apparaît ainsi comme un enjeu stratégique, au croisement de la conformité réglementaire, de la confiance commerciale et de la responsabilité de l’entreprise.
Évènement BIG 2026 : découvrez les interventions marquantes de Bpifrance, les grands enjeux de l'innovation et les enseignements pour les dirigeants.
L’évènement BIG 2026, organisé par Bpifrance le 8 octobre à l’Accor Arena de Paris, a réuni dirigeants, entrepreneurs, investisseurs, responsables publics et acteurs de l’innovation autour d’une ambition commune : donner aux entreprises françaises les moyens d’oser, d’innover et de se développer. Placée sous le signe du « culot », cette 12e édition a été marquée par des interventions de personnalités majeures de l’économie française et des échanges consacrés aux grandes transformations qui attendent les entreprises. Retour sur les temps forts et les enseignements à retenir pour les dirigeants de PME et d’ETI.

Le culot, moteur de l’entrepreneuriat

Pour cette 12e édition, Bpifrance a choisi de mettre en avant une qualité essentielle dans un environnement économique incertain : l’audace. À travers plus de 500 conférences, ateliers et masterclass, les participants ont pu explorer les leviers permettant aux entreprises de relever leurs défis et de préparer leur avenir. Intelligence artificielle, industrie, financement, innovation, développement international et transition écologique figuraient parmi les sujets au cœur des échanges. Le fil conducteur était clair : entreprendre suppose de savoir prendre des risques mesurés, remettre en question ses habitudes et transformer les incertitudes en opportunités. Pour les dirigeants, le message est particulièrement pertinent. La prudence reste nécessaire, mais elle ne doit pas devenir un frein à l’investissement, à l’innovation ou à la conquête de nouveaux marchés.

Des personnalités majeures de l’économie française

La scène principale, baptisée le Bang, a accueilli des dirigeants de premier plan issus de secteurs très différents. Parmi les intervenants figuraient notamment Xavier Niel, fondateur de Free, Patrick Pouyanné, président-directeur général de TotalEnergies, Sébastien Bazin, président-directeur général d’Accor, Marie-Ange Debon, présidente-directrice générale du groupe La Poste, ainsi qu’Antonio Filosa, dirigeant de Stellantis. La présence de ces personnalités a permis d’aborder les transformations qui touchent aussi bien les grandes entreprises que les PME et les ETI : évolution des modèles économiques, souveraineté industrielle, innovation technologique et adaptation aux nouveaux usages. Le président de la République, Emmanuel Macron, a également participé à l’événement. Il a salué la vitalité des entrepreneurs français et rappelé l’engagement de l’État en faveur de l’innovation, de l’industrie et de la croissance, notamment à travers le plan France 2030 et l’action de Bpifrance. Cette diversité d’intervenants illustre l’intérêt du dialogue entre entrepreneurs, grands groupes, investisseurs et pouvoirs publics pour faire émerger des solutions concrètes.

L’intelligence artificielle et l’industrie au cœur des préoccupations

L’évènement BIG 2026 a accordé une place importante aux transformations technologiques. Plusieurs sessions étaient consacrées à l’intelligence artificielle, à ses applications commerciales et aux nouveaux risques qu’elle entraîne, notamment en matière de cyberfraude. Pour les entreprises, l’enjeu dépasse désormais la simple découverte de ces technologies. Il s’agit d’identifier les usages capables d’améliorer la productivité, de renforcer la relation client et de soutenir la prise de décision, tout en maîtrisant les risques associés. L’industrie occupait également une place significative dans le programme, avec des interventions de dirigeants de groupes comme EDF, Safran, SUEZ et Getlink. Ces échanges rappellent l’importance de la modernisation des outils de production, de la maîtrise technologique et de la compétitivité industrielle dans un contexte international exigeant.

Quels enseignements pour les dirigeants de PME et d’ETI ?

Au-delà des prises de parole, cet évènement BIG 2026 invite les dirigeants à retenir trois priorités. Premièrement, faire de l’innovation un sujet stratégique. L’intelligence artificielle et les nouvelles technologies doivent être évaluées à l’aune de leurs bénéfices opérationnels et de leur contribution à la compétitivité. Deuxièmement, anticiper les transformations industrielles et environnementales. Les entreprises qui investissent dans leurs compétences, leurs équipements et leur capacité d’adaptation se donnent davantage de moyens pour faire face aux évolutions de leur marché. Enfin, développer les coopérations. Les échanges entre dirigeants, experts, investisseurs et partenaires peuvent accélérer les projets, ouvrir de nouveaux débouchés et faciliter l’accès à des compétences complémentaires. En définitive, l’évènement BIG 2026 rappelle que la croissance repose autant sur la capacité à anticiper que sur la volonté d’agir. Pour les PME et les ETI, l’enjeu est désormais de transformer ces réflexions en décisions concrètes, au service de leur développement, de leur innovation et de leur pérennité.
Jabra : des espaces de réunion performants et agréables pour mieux collaborer
Dans un contexte où le travail hybride s’est durablement installé, la qualité des équipements de réunion devient un véritable enjeu de performance pour les PME et les ETI. Bien équipées, les équipes communiquent mieux, collaborent plus facilement et gagnent en efficacité, quel que soit leur lieu de travail. À l’inverse, des réunions mal sonorisées ou une visioconférence de mauvaise qualité peuvent rapidement générer fatigue, perte de temps et désengagement. Leader de son domaine, notamment en France, Jabra est à la pointe de l’innovation et développe des solutions audio et vidéo simples à utiliser, intuitives et adaptées aux nouveaux modes de travail, pour accompagner les entreprises dans la modernisation de leurs espaces de communication. Maud Brissaud, Directrice commerciale de Jabra France, nous explique comment la qualité des équipements de réunion contribue à renforcer la productivité et la performance des collaborateurs et des entreprises.
Wegrow : casser les silos et faire circuler les bonnes idées
Dans les entreprises, les bonnes idées ne manquent pas… mais elles restent parfois cantonnées à une équipe, un service ou un site, sans jamais profiter au reste de l’organisation. Comment mieux partager les bonnes pratiques, casser les silos et permettre à chacun de bénéficier des expériences de ses collègues ? C’est précisément l’ambition de Wegrow Wegrow offre une plateforme qui facilite le partage et la réutilisation des idées et des bonnes pratiques au sein des organisations. À la clé : davantage d’engagement, une meilleure collaboration entre les équipes et une performance collective renforcée. Pour en mesurer concrètement les effets, Stéphane Perrin, Directeur Commercial de Wegrow, échange avec Laureen Brabant, Responsable Communication Interne de Sonepar France, qui partage son retour d’expérience sur l’utilisation de la plateforme et son impact sur les équipes.
Piloter les compétences pour piloter la performance
Entre transition environnementale, contexte économique et politique, transformation numérique, intégration de l’IA, intégration de la robotique, coût de financement élevés, ralentissements des investissements, renforcement de la cybersécurité et évolutions des pratiques de travail ; les organisations avancent sur plusieurs fronts simultanément.  Les ETI se démarquent par leur implication dans le facteur travail, contrairement aux grands groupes, elles doivent internaliser et mutualiser chaque employé. Pourtant, derrière cette dynamique, un paradoxe persiste : les ETI investissent dans le capital humain, mais n’arrivent pas encore à piloter les compétences comme un véritable capital et levier de performance au même titre que leurs investissements financiers, industriels ou technologiques. Par Nandy Magron – Dirigeante de Circle HR Dans ce contexte en forte concurrence, les coûts associés à la gestion humaine du personnel, de choix de recrutement, de formations ou de retard de remplacement, mobilités peuvent avoir des impacts considérables sur leurs ressources humaines qui est l’un des piliers de la croissance d’une ETI. Chaque transformation dépend des compétences et le fait de piloter les compétences devient stratégique.

Un environnement qui rend le pilotage des compétences indispensable

Une pression économique et réglementaire qui ne faiblit pas Les ETI évoluent dans un contexte où les coûts de financement restent élevés, les marges sous tension et la concurrence internationale plus agressive. À cela s’ajoutent des obligations réglementaires renforcées, notamment autour de la durabilité, la transparence des salaires et extra financière. Le Baromètre Future Ready indique que 86 % des dirigeants placent la transition écologique parmi leurs priorités. Cette priorité n’est pas théorique : elle implique des compétences nouvelles, des métiers qui évoluent, des pratiques à transformer.. Une tension persistante sur les compétences clés Les données 2025 de Bpifrance Le Lab montrent que les ETI sont confrontées à : ● des difficultés de recrutement dans plus de 75 % des cas, ● des enjeux de rétention pour 61 % d’entre elles, ● une nécessité de formation continue pour 86 %. Les ETI investissent donc déjà dans l’humain. Mais ces investissements doivent être pilotés pour optimiser chaque ressource et orienter la stratégie..

Le capital humain : un actif stratégique encore trop peu mesuré

Piloter les compétences, première source de performance Toutes les transformations actuelles reposent sur les compétences : ● décarboner exige des compétences techniques nouvelles, ● sécuriser les systèmes nécessite des compétences en cybersécurité, ● intégrer l’IA demande des compétences data et mesurer l’impact réel de la performance si on redistribue ces compétences ● transformer les pratiques de travail implique des compétences managériales Les études Deloitte 2026 et Apec 2026 convergents : La performance durable dépend directement de la capacité à développer et mobiliser les compétences. Le problème : les ETI ne disposent pas d’un pilotage fin des compétences Aujourd’hui, la plupart des ETI : ● ne mesurent pas précisément les compétences disponibles, ● ne quantifient pas les écarts avec les besoins futurs ● ne relient pas les compétences à la performance opérationnelle ● ne comparent pas les actions RH entre elles, ● ne simulent pas l’impact d’une action avant et après l’avoir lancer

Ce que les ETI pensent piloter… et ce qu’elles pilotent réellement

Les ETI disposent souvent d’un plan de formation, d’un budget RH, d’un plan de recrutement, parfois d’une GPEC. Ces dispositifs donnent l’impression d’un pilotage structuré. Les études montrent que les compétences critiques sont souvent insuffisamment alignées avec les priorités stratégiques et rarement reliées à la performance de manière chiffrée. Les dirigeants découvrent parfois trop tard : ● qu’une compétence essentielle repose sur une seule personne, ● que des équipes entières manquent de compétences pour absorber une transformation ● Le turnover et l’absentéisme ne sont pas le vrai sujet : l’enjeu, c’est leur coût en euros et en compétences ● qu’il n’y a pas eu de transmission de compétences sur des compétences clés ● que des investissements RH coûteux n’ont pas produit l’impact attendu ou l’impact n’a pas été mesuré Ces pratiques traduisent un manque de mesure.

Le grand angle mort : la mesure

Dans une ETI, la compétence n’est jamais abstraite : elle se traduit immédiatement en performance opérationnelle, en qualité, en innovation ou en maîtrise des risques. C’est elle qui détermine la capacité à produire, à innover, à tenir les délais, à satisfaire les clients. Une équipe compétente génère des revenus, améliore la productivité et sécurise les opérations. Les expériences accumulées jouent un rôle tout aussi déterminant : elles réduisent les erreurs, accélèrent la prise de décision et améliorent l’efficacité globale. Chaque décision mieux prise, chaque erreur évitée, représente une économie tangible. L’engagement et la motivation ne sont pas des notions “soft”. Elles conditionnent le turnover, l’absentéisme, la fidélisation des talents. Pour un directeur financier, ce sont des coûts évités. Pour un dirigeant, c’est la garantie de la continuité opérationnelle. Dans les ETI, tout est mesuré : marges, trésorerie, productivité, qualité, délais, coûts d’acquisition. Tout… sauf les compétences. Les compétences influencent directement la performance, bien plus que ce que montrent les indicateurs classiques. Elles déterminent la capacité de l’entreprise à produire et à innover : sans expertise métier, il n’y a ni productivité ni création de valeur. Elles conditionnent aussi le rendement réel des investissements, car certaines compétences génèrent un impact bien supérieur à d’autres.. Les études EY, METI, Deloitte et France Compétences (2026) montrent que lescompétences sont au cœur des transformations  majeures (transformation numériques, décarbonisation, intégration de l’IA, amélioration de la satisfaction client et qualité opérationnelle..). Les compétences ne sont plus uniquement un sujet RH. Elles représentent des variables économiques. Les compétences conditionnent les revenus, les coûts, les risques et la capacité de l’entreprise à se transformer.

Piloter les compétences comme on pilote la performance

Il est souvent admis parfois à tort que performance économique et développement humain relèvent de logiques différentes. Dans la réalité, les ETI font déjà beaucoup pour leurs équipes : elles définissent des budgets, mettent en place des plans de formation, recrutent lorsque c’est nécessaire, accompagnent les mobilités, gèrent les reclassements et appliquent les obligations réglementaires. Elles multiplient les dispositifs RH avec sérieux et engagement. Ces approches ne suffisent plus, car elles ne permettent pas de comprendre ce qui se passe réellement dans l’organisation. Elles répondent souvent à des besoins immédiats, à des obligations ou à des flux naturels de gestion sans offrir une vision d’ensemble. Elle ne permet pas non plus de mesurer l’impact des actions RH : on forme, on recrute, on accompagne… mais sans savoir si cela améliore la performance, réduit les risques ou renforce la capacité de transformation. En réalité, il existe beaucoup de flux humains : départs, mobilités, montées en compétences, pertes de savoir-faire, réorganisations, changements de métiers qui ne sont pas cartographiés, pas analysés, pas anticipés. Sans cette vision, les décisions RH restent fragmentées, réactives, et parfois coûteuses. Les études montrent qu’un recrutement coûte entre 25 000 et 45 000 € (Apec), qu’un départ représente 1 à 1,5 fois le salaire annuel (Dares), que 70 % des formations ne sont pas reliées à un indicateur de performance (France Compétences), et qu’un remplacement tardif peut générer jusqu’à 100 000 € de pertes indirectes (Deloitte). Autant de coûts qui s’accumulent lorsque les compétences ne sont pas pilotées de manière structurée. Elles génèrent alors des dépenses invisibles, retards de remplacement, pertes de compétences, recrutements non optimisés, formations peu ciblées qui finissent par peser lourdement sur la performance et les ressources de l’ETI. C’est précisément pour cela que cette approche ne suffit plus : elle gère des actions, mais elle ne pilote pas le capital humain. Ces actions sont nécessaires, mais ne constituent pas forcément un pilotage. Piloter les compétences consiste par exemple à l’aide donnée chiffrée de : ● Mesurer les compétences qui créent réellement de la performance ● Arbitrer entre les actions RH (formation, recrutement, mobilité ou réorganisation) ● Quantifier l’impact de chaque action, ● Suivre les résultats dans le temps Comme dans la croissance externe où une acquisition réussie peut devenir un mauvais souvenir faute d’intégration, les ETI confondent souvent investir dans l’humain et piloter le capital humain. Selon Deloitte, 7 dirigeants sur 10 déclarent que leur priorité stratégique est de devenir plus réactifs et agiles face aux mutations technologiques et économiques. Les organisations passent d’un modèle Humain + Machine à Humain × IA, ce qui renforce l’importance du pilotage des compétences. Ce qui peut faire la différence est un pilotage fin du capital humain, à la hauteur des enjeux.
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