À l’heure où les chaînes industrielles internationales se redessinent à grande vitesse, l’Asie s’affirme comme un pivot stratégique incontournable. Pour les dirigeants de PME et d’ETI industrielles, la question n’est plus de savoir s’il faut s’y intéresser, mais comment se préparer avec méthode et lucidité pour exporter en Asie. C’est précisément l’objectif du webinaire organisé par Bpifrance le 12 mars à 8h30 : offrir aux industriels français des clés de lecture concrètes pour comprendre les dynamiques asiatiques et structurer une stratégie de développement export performante.
L’Asie, nouvel épicentre des chaînes de valeur
Les équilibres économiques internationaux continuent d’évoluer sous l’effet des tensions géopolitiques, des relocalisations partielles et de la montée en puissance de nouveaux marchés. Dans ce contexte, l’Asie ne se limite plus à un simple réservoir de sous-traitance : elle devient un moteur d’innovation, de consommation et d’investissement. Pour les PME et ETI industrielles françaises, les perspectives sont réelles : croissance des marchés intérieurs, besoins massifs en équipements, transitions énergétiques et technologiques en cours. Mais ces opportunités ne peuvent être saisies sans une compréhension fine des environnements locaux, des pratiques commerciales et des risques spécifiques.Un éclairage économique de haut niveau
Le webinaire proposera d’abord une analyse approfondie des grandes tendances économiques asiatiques. Cette séquence sera animée par Adriana Meyer, économiste, et Victor Lequillerier, Responsable d’Études Économiques. Leur intervention permettra de décrypter les signaux macroéconomiques majeurs, d’identifier les zones à fort potentiel et de mieux anticiper les évolutions à moyen terme. Objectif : donner aux dirigeants une vision structurée et stratégique pour orienter leurs décisions d’investissement et d’implantation.Un retour d’expérience terrain concret
Au-delà des chiffres, rien ne remplace l’expérience opérationnelle. Le webinaire accueillera également Michael G., Group COO du ATEQ Group, groupe industriel français implanté en Chine, en Inde et dans plusieurs pays de l’ASEAN. Son témoignage apportera un éclairage pragmatique sur les réalités du terrain : adaptation aux cultures locales, gestion des équipes, contraintes réglementaires, arbitrages stratégiques et facteurs clés de succès. Un partage d’expérience particulièrement précieux pour les dirigeants qui envisagent d’exporter en Asie.Les points clés à maîtriser avant d’exporter en Asie
Enfin, ce rendez-vous mettra l’accent sur les éléments déterminants à anticiper :- Repérage des signaux faibles,
- Compréhension des pratiques locales,
- Identification des risques structurels,
- Activation des leviers de réussite.
C’est le cas de Anza, startup ayant développé une solution de production d’énergie sur des sites isolés, venu collecter des informations pour savoir comment exporter sa solution en Afrique. “Je viens de discuter avec des experts de la fiscalité pour savoir comment créer une entité française en Afrique et connaitre les impacts financiers de mon projet. J’ai rencontré aussi BPIFrance sur le volet financement, notamment sur les FASEP et les équipes de la Team France Export pour la recherche d’études de marché sur mon secteur” confie Jean-Claude TUYISHIME, fondateur de Anza. De son côté, Micadan, entreprise familiale de prêt à porter masculin qui ne réalise actuellement que 5% de son chiffre d’affaires à l’export, souhaite booster ses ventes à l’étranger. “Nous souhaitons tout d’abord cibler les marchés européens tels que l’Espagne et la Suisse, et ensuite partir sur des pays comme la Pologne. Je suis venue m’informer sur la manière de déposer un dossier de prospection, découvrir aussi le dispositif VIE.” précise Marie-Odile KEHR, commerciale export de Micadan.
Didier BOULOGNE, Directeur général délégué de Business France explique que la Team France Export propose un maximun de solutions en fonction des problématiques des entreprises et de leurs secteurs. “Nous avons affaire à deux types d’entreprises : Les startups qui savent dès leur genèse qu’elles doivent aller à l’international. Mais il y a aussi les entreprises plus traditionnelles qu’il faut convaincre que l’export est toujours une bonne solution, c’est un moyen de grandir, c’est un pari toujours gagnant !” Alain BENTÉJAC, Président de la Fabrique de l’Exportation déplore que le commerce extérieur ne soit plus vraiment une priorité comme par le passé : “On essaye avec nos partenaires de trouver les moyens pour que la France se projete mieux à l’international. Je pense qu’on a un système plus organisé en France qu’il y a 15 ans pour accompagner à l’export avec la création de la Team France Export. Mais on met beaucoup moins de moyens en France pour accompagner sur les salons internationaux qu’en Italie ou en Espagne.” Géraldine LEMBLÉ, Directrice générale adjointe du MEDEF International insiste sur l’importance du collectif dans l’accompagnement des entreprises à l’export : “Nous organisons 40 missions collectives à l’étranger par an. 95% de nos adhérents sont des PME et ETI. Mais nos membres grands comptes ont aussi besoin du collectif, notamment sur des marchés plus complexes”.
La soirée s’est conclue par un cocktail, l’occasion pour les entreprises participantes de poursuivre les échanges initiés lors des rencontres experts.












