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Marchés émergents : cap sur l’Amérique Latine

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Rendements obligataires à deux chiffres et surperformance incontestable des marchés actions en 2022 par rapport à leurs homologues émergents1: les pays d’Amérique Latine pourraient mériter l’attention des investisseurs cette année.

L’année passée aura violemment bousculé l’ensemble des marchés financiers à l’échelle mondiale, mais aura également permis à de nouvelles opportunités de naître, notamment au sein des marchés émergents. Lors du précédent chapitre, nous avons découvert celles situées en Asie, mais certains pays latino-américains sont également bien placés pour tirer leur épingle du jeu.

L’Amérique Latine : un marché plein de ressources

Exportatrice majeure de matières premières, l’Amérique Latine apparaît comme une nouvelle ressource pour les pays importateurs à l’heure où la guerre décime l’Ukraine et gèle les activités russes. La réouverture de la Chine, importateur et partenaire commercial de premier plan de la région, va également largement profiter aux activités économiques latino-américaines, par exemple au Chili ou au Brésil.

En parallèle, les tensions politiques entre la Chine et les États-Unis permettent à d’autres pays de revenir sur le devant de la scène. Ajoutées aux séquelles encore présentes de la pandémie, ces tensions ont mené à la réorganisation des chaînes d’approvisionnement profitant aux pays sud-américains, et en particulier le Mexique.

De plus, la plupart des banques centrales de ces pays ont démontré leur capacité à gérer activement l’inflation. Alors que le resserrement monétaire se poursuit au sein des pays développés, certaines économies latino-américaines montrent des signes de ralentissement, et devraient faire partie des premières à enclencher un cycle de baisse de taux, à partir de niveaux actuellement très élevés.
Dans ce contexte favorable, et encouragée par de meilleurs fondamentaux économiques et une reprise du cycle des matières premières, la région peut aujourd’hui offrir des rendements attractifs au sein de différentes classes d’actifs, sous réserve de disposer de la flexibilité pour les saisir. Chez Carmignac, nous avons notamment identifié deux pays sur lesquels les investisseurs mériteraient selon nous de s’attarder.

L’attractivité brésilienne

Carmignac

Véritable puissance économique, le plus grand marché d’Amérique Latine a les cartes en main pour tirer parti de ce nouvel ordre géopolitique mondial. Grand exportateur de soja, de minerai de fer et de pétrole, le Brésil a grandement contribué à la consommation mondiale et sa croissance en 2022 a été en partie tirée par la hausse des prix des matières premières. Cette tendance se confirme en 2023, bien que ses perspectives de croissance se trouvent impactées par le ralentissement économique mondial.

Le Brésil va également bénéficier de la réouverture de la Chine, son premier partenaire commercial. En effet, la deuxième puissance économique mondiale représentait en 2021 plus d’un tiers des exportations brésiliennes. Cette nouvelle dynamique pourrait profiter aux marchés actions du Brésil, qui offrent aujourd’hui des valorisations intéressantes.

Le cycle de resserrement monétaire brésilien est également bien avancé, après avoir atteint un pic d’inflation à 12,1% en avril 2022 – soit le niveau le plus élevé depuis presque vingt ans – ramené à 5,8% en décembre 2022. Bien qu’encore supérieur à la cible de la banque centrale fixée à 3,25%, le Brésil pourrait être l’un des premiers pays à revenir à une politique plus accommodante alors même que son taux directeur est fixé à 13,75%2, offrant ainsi des rendements particulièrement intéressants pour les investisseurs obligataires :

• Avec des rendements à 10 ans à deux chiffres significativement supérieurs à la dette des États-Unis, la dette souveraine locale brésilienne offre des taux d’intérêts réels très attractifs – parmi les plus élevés à l’échelle mondiale – pour les investisseurs, qui pourraient également bénéficier de manière tactique d’une revalorisation de sa devise.
• En tant que place financière majeure en Amérique latine, le Brésil abrite également des opportunités de crédit intéressantes, comme B3, la bourse des valeurs brésiliennes.

  • LE SAVIEZ-VOUS ?

    Expert de la dette émergente depuis 2015, nous avons créé un Fonds dédié à cette classe d’actifs en 2017, Carmignac Portfolio EM Debt.

L’avantage manufacturier du Mexique

Carmignac

L’économie mexicaine devrait croître de 1,7% en 20233 principalement portée par la consommation domestique et les échanges commerciaux avec des partenaires majeurs, tels que les Etats-Unis.

La politique sanitaire drastique menée par le gouvernement chinois en réponse à la crise du Covid-19, ainsi que les tensions sur les chaînes de production en résultant ont considérablement impacté les équilibres commerciaux à travers le monde. Pour pallier ces difficultés, les principales régions importatrices, l’Europe et bien entendu, les États-Unis, se sont tournées vers des pays géographiquement plus proches afin de diversifier leurs chaînes d’approvisionnement : c’est ce qu’on appelle le nearshoring. L’Europe relocalise ainsi ses activités de production en Europe de l’Est, tandis que les États-Unis rapatrient massivement leurs lignes vers le Mexique.

Au-delà de la proximité géographique, les deux régions ont renforcé leur relation au fil des ans. En 2020, les États-Unis représentaient la première source d’investissements directs à l’étranger (IDE) au Mexique, pesant près de 34%4. Des accords commerciaux octroient au Mexique un accès préférentiel au marché nord-américain, à l’image du USMCA (United States-Mexico-Canada Agreement), garantissant un libre-échange entre ces pays. Parallèlement, les tensions politiques grandissantes entre les États-Unis et la Chine n’ont fait qu’amplifier le phénomène de nearshoring en faveur du Mexique.

Sur le plan obligataire, bien que la Banque centrale mexicaine ait commencé ses hausses de taux plus tardivement que les autres pays émergents, son taux directeur se porte aujourd’hui à 11%5. L’amélioration générale de ses fondamentaux font ainsi du Mexique un émetteur intéressant.

Dans ce contexte, nous trouvons des opportunités intéressantes au sein des marchés actions et obligataires mexicains pour profiter de cette dynamique :

• Au sein des marchés actions, la banque Grupo Banorte bénéficie de ce phénomène de nearshoring grandissant et offre des perspectives de croissance attrayantes au sein d’un marché encore sous-pénétré au Mexique.
• Les marchés obligataires offrent quant à eux des rendements réels très attractifs, conséquence de la lutte de la Banque centrale contre l’inflation, notamment sur la dette locale qui propose des taux d’intérêt proches des deux chiffres sur dix ans.

Outre les marchés brésilien et mexicain, d’autres pays d’Amérique Latine bénéficient d’un contexte favorable à leurs économies et produisent les matières premières nécessaires à la consommation mondiale. C’est par exemple le cas du Chili, premier exportateur de cuivre au niveau mondial et également producteur de lithium, qui sont des ressources incontournables pour la transition énergétique.

L’Amérique Latine n’est pas le seul continent à produire les matières premières dont le monde a besoin : découvrez le mois prochain le troisième et dernier article de la série sur les marchés émergents pour en savoir plus sur les opportunités de la région émergente Europe, Moyen-Orient et Afrique.

Vous souhaitez en savoir plus sur notre approche des marchés émergents ?
Contactez-nous

1 Source : Index factsheet, MSCI Emerging Markets Latin America Index (USD), au 28/02/2023: https://www.msci.com/documents/10199/5b537e9c-ab98-49e4-88b5-bf0aed926b9b
2 Source : ministère de l’Économie, Brèves économiques du Brésil, semaine du 5 au 12 janvier 2023.
3 Source : FMI 2022
4 Source : FMI
5 Source : Banxico, Février 2023

 

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BOOST Event 2026 : une soirée pour développer son réseau et accélérer sa croissance
Le jeudi 5 novembre 2026, la CCI Paris Île-de-France donne rendez-vous aux dirigeants de TPE et PME pour une nouvelle édition de BOOST Event 2026. Organisé au Musée des Arts Forains, à Paris, cet événement professionnel entend favoriser les rencontres entre entrepreneurs, décideurs, partenaires et acteurs de l’innovation. Au programme : découverte de solutions concrètes, conférence inspirante et rendez-vous d’affaires dans un cadre original, conçu pour transformer les échanges en opportunités de développement.

Un événement business pour multiplier les rencontres utiles

Développer son réseau, identifier de nouveaux partenaires et faire émerger des opportunités commerciales figurent parmi les préoccupations quotidiennes des dirigeants. Pourtant, faute de temps ou de contacts adaptés, ces démarches peuvent être difficiles à mener de manière efficace. C’est précisément pour répondre à ces enjeux que la CCI Paris Île-de-France organise BOOST Event 2026. Depuis cinq ans, ce rendez-vous rassemble plus de 600 dirigeants de TPE et PME autour de temps forts dédiés au développement commercial et aux échanges professionnels. L’édition 2025 avait notamment permis l’échange de plus de 5 000 cartes de visite. Pour cette cinquième édition, l’ambition reste la même : permettre aux participants de rencontrer des interlocuteurs pertinents, de présenter leur activité et d’identifier de nouvelles pistes de collaboration. Avec plus de 30 partenaires annoncés, l’événement entend réunir un écosystème diversifié d’entrepreneurs et d’experts, dans une logique de mise en relation et de création de valeur.

Le Village des Solutions : identifier de nouveaux leviers de croissance

La soirée débutera à 16 heures avec le Village des Solutions, qui accueillera les participants jusqu’à 18 h 30. Cet espace réunira des partenaires, des experts et des entreprises proposant des solutions destinées à accompagner le développement des organisations. Pour aller plus loin, les dirigeants peuvent également découvrir les offres et services de la CCI Paris Île-de-France aux entreprises, qui couvrent de nombreux besoins liés à la création, au développement et à la transmission d’une activité. Pour les dirigeants, cette première séquence sera l’occasion de découvrir de nouvelles offres, d’échanger avec des spécialistes et d’identifier des réponses à certaines problématiques opérationnelles ou commerciales. Qu’il s’agisse d’améliorer ses performances, de structurer sa croissance ou de préparer de nouveaux projets, les échanges pourront permettre de repérer des interlocuteurs susceptibles d’accompagner les prochaines étapes du développement de l’entreprise. Cette approche donne une dimension concrète au networking : au-delà de la simple prise de contact, les participants pourront explorer des solutions et envisager des collaborations adaptées à leurs besoins.

Une conférence autour de l’entrepreneuriat et de la vente

De 18 h 30 à 19 h 30, place à l’inspiration avec une séquence consacrée aux expériences entrepreneuriales et aux leviers de croissance. Cette année, la keynote s’articulera autour du thème « Entreprendre, c’est vendre ». La vente, la différenciation et la capacité à construire une entreprise à son image seront au cœur des échanges. Parmi les intervenants annoncés figure Nina Ramen, entrepreneure et experte LinkedIn, fondatrice des Patronnes. Elle partagera notamment sa vision d’une croissance plus saine et durable, ainsi que les moyens de développer son activité sans perdre de vue l’équilibre du dirigeant. D’autres entrepreneurs et intervenants doivent également compléter le programme. Leurs témoignages et retours d’expérience viendront nourrir la réflexion des participants sur les réalités du développement commercial et les choix qui permettent à une entreprise de se démarquer. Pour les dirigeants, cette séquence sera l’occasion de prendre du recul sur leurs pratiques, de découvrir d’autres approches et de repartir avec de nouvelles pistes de réflexion.

Un cocktail networking pour transformer les contacts en opportunités

À partir de 19 h 30, les échanges se poursuivront autour d’un cocktail networking, jusqu’à 22 heures. Particularité de cette édition : les rendez-vous d’affaires seront intégrés directement à ce temps convivial. Grâce à une plateforme de matchmaking, les participants pourront organiser des rencontres avec des interlocuteurs correspondant à leurs objectifs. Cette préparation doit permettre de rendre les échanges plus ciblés et de faciliter l’identification de synergies entre entreprises. Pour une PME, rencontrer un futur partenaire commercial, un prestataire spécialisé ou un autre dirigeant confronté à des enjeux similaires peut ouvrir des perspectives nouvelles. L’intérêt est également de pouvoir prolonger les discussions après l’événement et de transformer les premiers contacts en relations professionnelles durables. En associant rendez-vous organisés et échanges informels, BOOST Event 2026 entend ainsi concilier efficacité commerciale et convivialité.

Un cadre exceptionnel au Musée des Arts Forains

Pour cette cinquième édition, la CCI Paris Île-de-France a choisi le Théâtre du Merveilleux, situé au sein du Musée des Arts Forains, aux Pavillons de Bercy. Lieu singulier, marqué par l’univers des fêtes foraines et des décors spectaculaires, il apportera une dimension originale à cette soirée professionnelle. L’objectif est de proposer aux participants une expérience qui se distingue des rencontres d’affaires traditionnelles, tout en conservant une finalité clairement orientée vers le développement des entreprises. Rendez-vous le jeudi 5 novembre 2026, de 16 h à 22 h 30, au Musée des Arts Forains, 53 avenue des Terroirs de France, Paris 12e. Les dirigeants intéressés peuvent consulter le programme détaillé et les modalités d’inscription sur le site de la CCI Paris Île-de-France.

Programme et inscription

Innovation à l’international : participez à l'évènement "faites de l’international 75" le 5 novembre
Dans le cadre du partenariat qui nous lie à la CCI Paris Ile-de-France, PME-ETI.fr vous tient informés en priorité des principaux évènements et réseaux qui peuvent vous permettre de booster votre croissance et de rencontrer des acteurs-clés de l’économie. Pour les PME et les ETI, conquérir de nouveaux marchés représente une opportunité de croissance majeure. Mais réussir son développement à l’étranger nécessite une préparation rigoureuse, notamment lorsqu’une entreprise commercialise une technologie, un produit ou un service innovant. L’innovation à l’international suppose en effet d’anticiper plusieurs enjeux essentiels : financement, protection de la propriété intellectuelle, choix des marchés et accompagnement stratégique. C’est dans cette perspective que la CCI Paris Île-de-France organise, le 5 novembre 2026, une matinée consacrée à l’innovation à l’international. Proposée dans le cadre de l’événement « Faites de l’international 2026 », cette rencontre permettra aux entreprises de bénéficier de l’expertise de professionnels du financement, de l’export et de l’innovation.

Développement international : transformer l’innovation en avantage concurrentiel

Innover constitue un levier de différenciation, mais le succès d’une entreprise sur son marché national ne garantit pas sa réussite à l’étranger. Chaque projet d’exportation suppose d’identifier les marchés les plus pertinents, d’évaluer les risques commerciaux et de mobiliser les ressources nécessaires. Pour préparer cette démarche, les dirigeants peuvent également consulter notre article consacré aux solutions publiques d’aide à l’export, qui présente les dispositifs mobilisables pour accompagner leur développement international. Pour les dirigeants de PME et d’ETI, plusieurs questions se posent : comment financer une stratégie de développement international ? Quels pays privilégier ? Comment protéger une marque ou un brevet hors de France ? Sur quels partenaires s’appuyer pour structurer sa démarche ? La matinée organisée par la CCI Paris Île-de-France entend apporter des réponses concrètes à ces problématiques. L’objectif est de permettre aux entreprises innovantes de mieux appréhender les étapes de leur développement à l’export et d’identifier les dispositifs susceptibles de soutenir leur croissance.

Financer et structurer son projet export : les temps forts de la matinée

La rencontre débutera à 9 heures par une ouverture assurée par Thibault Merendon, élu de la CCI Paris Île-de-France. Les échanges seront animés par Rosa Accari, responsable du service Développement international des territoires. Une première séquence, prévue à 9 h 10, sera consacrée au financement des projets innovants à l’international. Des représentants de Coface, de la CCI des Hauts-de-Seine, de Bpifrance et d’Enterprise Europe Network présenteront leurs expertises et les solutions mobilisables par les entreprises. À 9 h 50, les participants pourront approfondir les conditions de réussite d’un projet innovant à l’export. Christophe Poupart, directeur général de Wacano, évoquera notamment le rôle de l’écosystème local dans le rayonnement international. Benjamin Tissot, de Team France Export, abordera la stratégie d’entrée sur les marchés étrangers et leur ciblage. Julie Zerbib, déléguée régionale Île-de-France de l’INPI, présentera quant à elle les enjeux liés à la protection des marques et des brevets à l’international. Une troisième séquence mettra en lumière l’accompagnement proposé par l’écosystème français de l’innovation. Nicolas Desruelles, directeur de l’accompagnement de La French Tech, et Livia Klintoe, cheffe de projet Smart Région au Conseil régional d’Île-de-France, interviendront aux côtés d’une entreprise témoignant de son expérience.

Des échanges directs avec les experts de l’export et de l’innovation

Au-delà des conférences, cette matinée offrira aux participants la possibilité de rencontrer individuellement plusieurs organismes d’accompagnement à partir de 11 heures. L’INPI pourra notamment renseigner les entreprises sur la propriété industrielle, les brevets et les marques. Bpifrance présentera ses solutions de financement et d’accompagnement du développement international. Team France Export pourra conseiller les participants sur leur stratégie commerciale, tandis que Coface apportera son expertise en matière d’information commerciale, d’assurance-crédit et de recouvrement de créances. La CCI Paris Île-de-France proposera également un accompagnement autour des premières démarches à l’export, de l’identification des financements et du montage des dossiers. Ces échanges constituent une occasion de confronter son projet aux conseils de spécialistes et de mieux identifier les ressources disponibles pour accélérer son développement.

Informations pratiques et inscription

Cette matinée dédiée à l’innovation à l’international se déroulera le jeudi 5 novembre 2026, de 9 heures à 12 heures, dans les locaux de la CCI Paris Île-de-France, au 11 rue Léon Jouhaux, dans le 10ᵉ arrondissement de Paris. Un accueil café est prévu à partir de 8 h 30. La participation est gratuite, sur inscription préalable, dans la limite des places disponibles.* Les dirigeants de PME et d’ETI, les responsables de l’innovation et les entreprises souhaitant structurer ou accélérer leur stratégie export peuvent consulter le programme complet et s’inscrire

Programme et inscription

Réussir en Afrique - Les conseil d'un expert

L’Afrique est souvent présentée comme un marché en forte croissance, offrant un potentiel client inégalé. Sur le papier, cela est indéniable. Mais derrière cette dynamique prometteuse, il est essentiel d’éviter l’illusion de la facilité. L’Afrique n’est ni un bloc homogène ni un marché unique. Chaque pays a ses réalités locales, son histoire, son cadre réglementaire et ses propres codes d’affaires. Ce qui fonctionne en Europe ou en Asie n’est pas transposable tel quel sur le continent. Réussir en Afrique exige bien plus qu’une bonne offre commerciale : il faut une capacité d’adaptation permanente, une lecture fine des écosystèmes locaux et une gestion proactive des risques.

Par Franck Boccara

Au-delà des différences culturelles et économiques, les fondamentaux mêmes de l’environnement des affaires sont souvent plus complexes qu’on ne l’imagine. Des éléments considérés comme acquis en Europe  (accès stable à l’électricité, infrastructures de transport fiables, sécurité foncière, cadre fiscal prévisible) peuvent poser de sérieux défis pour réussir en Afrique. De plus, la volatilité politique reste une donnée à intégrer dans toute stratégie : périodes électorales, réformes législatives soudaines ou encore changements de régime, qu’ils soient constitutionnels ou militaires, ont un impact direct sur l’environnement économique.

Se lancer en Afrique sans une préparation rigoureuse, sans partenaires locaux solides et sans une parfaite compréhension des dynamiques régionales, c’est prendre le risque de perdre du temps et beaucoup d’argent. C’est pourquoi il est essentiel de s’appuyer sur des experts du terrain, capables de sécuriser les opérations et de naviguer dans des environnements complexes en intégrant toutes les dimensions – réglementaire, financière, réputationnelle et opérationnelle.

En somme, l’Afrique offre des opportunités majeures, mais y réussir demande une approche sur mesure, une vision de long terme et une capacité d’anticipation bien supérieure à celle requise sur d’autres marchés.

L’Afrique : un continent, pas un bloc uniforme

Avant toute chose, rappelons que l’Afrique n’est pas un marché homogène. Avec 54 pays, plus de 1,4 milliard d’habitants et une diversité linguistique, culturelle, économique et réglementaire unique au monde, il est impossible de l’aborder comme un ensemble uniforme. Chaque région, voire chaque pays, a ses propres dynamiques, influencées par l’histoire coloniale, les structures économiques, les cadres juridiques et les politiques monétaires.

L’environnement juridique varie considérablement d’un pays à l’autre. Certains États, comme ceux de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), partagent un cadre juridique commun inspiré du droit français (OHADA), ce qui facilite la structuration des investissements. À l’inverse, dans d’autres pays, la réglementation peut être plus instable, avec des modifications fréquentes des lois fiscales, des restrictions sur les changes ou des cadres d’investissement moins clairs. Il est donc essentiel d’avoir une expertise locale pour naviguer dans ces environnements et sécuriser ses opérations.

Les standards de gouvernance, les modes de financement et les habitudes de consommation ne sont pas uniformes. Certains marchés disposent de secteurs bancaires matures, permettant des financements structurés et des partenariats publics-privés solides, tandis que d’autres fonctionnent encore largement sur des modèles informels, où les transactions en espèces dominent. De même, le niveau de bancarisation et d’adoption des technologies financières varie : le Kenya est pionnier en matière de mobile banking avec M-Pesa, tandis que d’autres pays en sont encore à des stades plus rudimentaires d’inclusion financière.

Réussir en Afrique impose donc de comprendre ces spécificités et d’adopter une approche différenciée selon les pays et les secteurs. Une stratégie adaptée au Nigeria ne sera pas forcément transposable en Angola ou en Côte d’Ivoire. Le choix du pays d’implantation, des partenaires locaux et des leviers de croissance doit se faire avec une analyse approfondie des contraintes et opportunités propres à chaque marché. C’est précisément cette capacité d’adaptation qui fait la différence entre les entreprises qui réussissent sur le continent et celles qui échouent.

Où implanter son premier bureau de représentation ?

Lorsqu’une entreprise décide d’ouvrir un premier bureau en Afrique, mon conseil – au-delà de s’entourer des bons partenaires – est de privilégier soit un pays francophone complexe, soit un pays anglophone. Pourquoi ? Parce que l’erreur classique consiste à s’implanter dans des hubs perçus comme accessibles – Dakar, Abidjan ou Casablanca – en pensant que cette présence permettra ensuite de s’étendre facilement à d’autres marchés comme le Nigeria ou la Guinée équatoriale. Or, l’inverse est plus vrai : une entreprise qui sait opérer avec succès depuis Lagos aura moins de difficulté à s’étendre à Abidjan. D’un point de vue stratégique et en termes d’image, cette approche est plus valorisante. Même si, en termes d’accès, de ressources locales, d’infrastructures et d’électricité, l’environnement sera plus complexe.

Le risque réputationnel : un frein majeur aux investissements

Pour les PME et ETI qui envisagent une stratégie de croissance externe en Afrique, le principal facteur dissuasif reste le risque réputationnel. Voici pourquoi :

Un industriel français qui rachète un concurrent belge et vend des machines en Bulgarie ne suscitera aucun soupçon quant à l’usage de ses équipements. En revanche, une entreprise qui réalise un build-up en République démocratique du Congo sans une politique rigoureuse de KYC (Know Your Customer) et KYCC (Know Your Customer’s Customer) s’expose à des risques majeurs. Par exemple, si ses machines sont utilisées pour de la déforestation illégale ou si des pratiques liées au travail des enfants sont révélées, elle pourrait se retrouver en première page de Mediapart ou sous le coup de lourdes sanctions internationales.

Compliance et régulation : une vigilance accrue

Un autre point clé à ne pas sous-estimer est l’extraterritorialité du dollar. Toute transaction en USD tombe sous la juridiction des régulateurs américains, avec son cortège de contraintes et de sanctions (Magnitsky Act, Caesar Act I et II, FATCA, etc.). C’est, pour moi, l’un des points qui requiert le plus de vigilance. Lorsque l’on opère dans le secteur minier, de l’énergie ou du pétrole, les transactions se font toujours en dollars américains et non en monnaie locale. C’est pour cette raison qu’il faut à tout prix être extrêmement rigoureux concernant la législation américaine. L’usage du franc CFA, qui est arrimé à l’euro, est dès lors une bonne option pour éviter les fluctuations monétaires et les sanctions américaines.

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