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France des ETI : les 13 enjeux du prochain quiquennat

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Tout d’abord quelques chiffres…les ETI représentent en France plus de 25% des emplois, 34% des exportations pour un chiffre d’affaires annuel global de 1 000 milliards d’euros. Ce rôle stratégique qu’elles jouent dans des enjeux économiques français tels que la réindustrialisation ou la souveraineté économique est désormais bien compris par les autorités. La catégorie ETI, créée en 2008, est rapidement devenue la pierre angulaire du « produire, travailler, s’engager en France » mais certains freins fiscaux, administratifs et réglementaires persistent au sein de notre écosystème national. Voyons quelles sont les priorités pour les 5 années à venir.

Par Franck Boccara

Dans la perspective du prochain quinquennat, les candidats à l’élection présidentielle ont-ils conscience des enjeux de développement et de croissance du tissu d’ETI français ? Leurs propositions sont-elles de nature à faire progresser la France des ETI en 5 ans, et à remettre notre pays durablement sur les rails d’une grande nation industrielle ?

C’est le sens de la note « Cinq ans pour faire progresser la France des ETI« , publiée par l’Institut Montaigne et le METI (Mouvement des entreprises de taille intermédiaire) avec le soutien du cabinet PwC France et Maghreb. Cette note appelle les candidats à l’élection présidentielle 2022 à se pencher sur 13 enjeux essentiels pour réellement promouvoir la France des ETI pendant le prochain quinquennat.

 “La France souffre d’un déficit criant d’ETI par rapport à ses voisins européens (5 200 en France contre près de 13 000 en Allemagne). Face à ce retard, il est désormais nécessaire d’accélérer le rebond industriel de la France. Cela doit notamment passer par une amélioration des coûts de production et la formation d’une main d’œuvre qualifiée dans les domaines techniques et scientifiques” déclare Olivier Lluansi, associé chez PwC Strategy& et rapporteur général de cette étude.

Pour Victor Poirier, directeur des publications de l’Institut Montaigne, “la France est dotée de forces indéniables qui lui ont permis de conforter sa place de 1ère destination européenne en matière d’investissements. Ses atouts économiques doivent néanmoins être consolidés. Il est essentiel de territorialiser les politiques de compétences et de formation, renforcer l’attractivité des territoires, la mobilité et les écosystèmes locaux essentiels pour les ETI”.

Les 13 enjeux clés pour les ETI françaises

La compétitivité du site France

Enjeu 1 : Optimiser la compétitivité coût sur le poids des impôts et taxes de production ainsi qu’au niveau du coût du travail, notamment en réduisant la pression fiscale et sociale injustifiée sur la production.

Enjeu 2 : Débrider la transmission d’entreprise en prenant en compte qu’une ETI sur deux va se transmettre dans la prochaine décennie. Le cadre de la transmission en France reste exagérément complexe et cher par rapport à nos voisins européens.

Les procédures et lourdeurs administratives

Enjeu 3 : Simplifier les procédures administratives encore beaucoup trop compliquées et trop longues ou encore remédier à l’insécurité juridique de certaines procédures qui nuisent au dynamisme économique.

Enjeu 4 : Transformer l’administration en accompagnateur de l’activité économique plutôt qu’en censeur.

Les territoires et l’économie

Enjeu 5 : Les ETI majoritairement implantées dans les villes moyennes et les zones rurales doivent être en mesure d’attirer des talents sortis de grandes écoles, notamment dans les secteurs industriels (voir programme VTE).

Enjeu 6 : L’attractivité des territoires et la mobilité sont essentiels pour les ETI qui sont réparties sur plus de 50 000 implantations au niveau national. Ces sites sont tributaires de l’organisation territoriale en services publics essentiels comme l’éducation, la santé et la culture.

Enjeu 7 : Renforcer les écosystèmes locaux regroupant l’État, les collectivités territoriales et les entreprises afin de relever les défis de la reterritorialisation économique et du redéploiement des compétences.

Enjeu 8 : Promouvoir les logiques sectorielles de filières et les pôles de compétitivité, initialement construits autour des grands groupes français pour favoriser les coopérations horizontales et locales avec les PME et ETI, expression du « chasser en meute » à la française. 

Enjeu 9 : Améliorer l’aménagement foncier afin de répondre aux exigences de cohérence et de stabilité des cadres juridiques et simplifier l’implantation locale de nouvelles activités de services ou industrielles

Transformations écologiques, numériques et sociétales

Enjeu 10 : Accelérer la transition écologique et l’accès à une énergie décarbonée pour affirmer la conception francaise de l’ »efficacité environnementale » ainsi que l’excellence du mix énergétique français (le plus décarboné au monde) grâce à l’investissement, la recherche et l’innovation.

Enjeu 11 : Soutenir la transformation digitale de l’économie française dans la durée et offrir aux PME et ETI un cadre public en mesure de contrer les nouvelles menaces de cybercriminalité, de souveraineté numérique ou encore d’hyper-concentration des acteurs.

Enjeu 12 : Libérer l’engagement sociétal fort tangible des ETI en les affranchissant des contraintes déclaratives qui pourraient compliquer leurs initiatives de partage de la valeur et d’association des salariés à la performance des entreprises.

Le rôle des ETI dans la stratégie d’indépendance industrielle française et européenne

Enjeu 13 : Les ETI sont des actifs stratégiques européens qui ont un rôle-clé à jouer dans la souveraineté nationale française, notamment dans les secteurs de l’énergie, de la santé, de l’eau et des transports… L’accès aux aides d’État et à l’allocation des Fonds européens doivent donc être fluidifier pour ces champions industriels que sont les ETI françaises.

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Guerres commerciales : un nouvel environnement économique durable

Pendant de nombreuses années, la mondialisation a donné le sentiment que les échanges internationaux devenaient toujours plus fluides. Les barrières douanières reculaient progressivement, les chaînes logistiques s’allongeaient et il était souvent plus rentable de produire à l’autre bout du monde avant de vendre en Europe. Ce modèle est aujourd’hui largement remis en question. Les tensions entre grandes puissances économiques, les conflits régionaux, les préoccupations liées à la souveraineté industrielle et les politiques de relocalisation rebattent les cartes. Les droits de douane redeviennent un véritable outil de politique économique, tandis que certaines technologies, matières premières ou composants stratégiques font l’objet de restrictions de plus en plus nombreuses. Pour une PME ou une ETI, il serait tentant de considérer que ces décisions relèvent de la diplomatie internationale et qu’elles échappent à son champ d’action. Pourtant, leurs conséquences sont bien concrètes. Une hausse tarifaire sur un composant peut augmenter le coût de fabrication d’un produit. Une nouvelle réglementation peut ralentir une exportation. Un fournisseur historique peut lui-même rencontrer des difficultés parce qu’il dépend d’un pays devenu plus difficile d’accès. Autrement dit, les guerres commerciales ne sont plus un sujet réservé aux économistes. Elles font désormais partie intégrante de la stratégie des entreprises.

Guerres commerciales et droits de douane : anticiper plutôt que réagir

La meilleure réponse à l’incertitude n’est pas l’immobilisme, mais l’anticipation. Les entreprises qui traversent le mieux les périodes de turbulences sont généralement celles qui ont accepté de remettre régulièrement en question leurs habitudes. Diversifier ses fournisseurs constitue souvent une première étape. Dépendre d’une seule zone géographique ou d’un seul partenaire peut devenir un risque important lorsque les tensions internationales s’intensifient. Sans nécessairement bouleverser toute son organisation, disposer de solutions alternatives permet de réagir beaucoup plus rapidement en cas de changement brutal. La même logique s’applique aux marchés commerciaux. Une entreprise qui réalise l’essentiel de son chiffre d’affaires dans une seule région du monde s’expose davantage aux évolutions politiques ou économiques locales. Développer progressivement de nouveaux débouchés contribue à répartir les risques tout en ouvrant de nouvelles perspectives de croissance. Les droits de douane méritent également une attention particulière. Ils ne représentent pas seulement un coût supplémentaire ; ils peuvent modifier la compétitivité d’une offre et influencer les décisions d’investissement. Une veille régulière sur les évolutions réglementaires permet souvent d’éviter des surprises coûteuses et d’adapter sa politique commerciale avant ses concurrents. Cette capacité d’anticipation repose également sur une meilleure connaissance des dispositifs d’accompagnement proposés aux entreprises, qu’il s’agisse d’organismes publics, de chambres de commerce ou d’experts spécialisés dans le commerce international.

Transformer les incertitudes internationales en avantage concurrentiel

Les périodes de tension révèlent souvent les entreprises les plus agiles. Là où certains ne voient que des obstacles, d’autres identifient de nouvelles opportunités. Une évolution des flux commerciaux peut créer des besoins inédits, favoriser l’émergence de nouveaux partenaires ou ouvrir des marchés jusqu’alors moins accessibles. Les dirigeants de PME et d’ETI disposent d’un atout majeur : leur capacité à décider rapidement. Cette réactivité leur permet d’ajuster plus facilement leur stratégie, de rechercher de nouveaux fournisseurs, de revoir leur politique d’achat ou d’investir sur des zones géographiques porteuses lorsque les conditions évoluent. Cela suppose toutefois de suivre régulièrement l’actualité économique internationale, de dialoguer avec ses partenaires et de conserver une vision à long terme. Les décisions prises dans l’urgence répondent rarement aux meilleurs intérêts de l’entreprise, tandis qu’une stratégie construite et réévaluée en permanence offre davantage de résilience. Les guerres commerciales continueront probablement à rythmer les prochaines années. Elles traduisent une transformation profonde de l’économie mondiale davantage qu’une crise passagère. Pour les PME et les ETI, l’enjeu n’est donc plus seulement de limiter les risques, mais de faire de cette nouvelle réalité un levier d’innovation, de diversification et de développement. Les entreprises qui intégreront dès aujourd’hui ces paramètres dans leur réflexion stratégique seront mieux préparées pour évoluer dans un environnement international où l’incertitude devient, paradoxalement, la seule véritable certitude.
Fidélisation des collaborateurs : créer une entreprise où les talents restent
Recruter de nouveaux talents est devenu un véritable défi pour de nombreuses entreprises. Mais au-delà de l’attractivité, un autre enjeu est désormais au cœur des préoccupations des dirigeants : la fidélisation des collaborateurs. Donner envie aux équipes de rester, de s’impliquer et de construire leur avenir au sein de l’entreprise est devenu un levier stratégique pour les PME et ETI. Par Serge de Cluny Pendant longtemps, la fidélité à une entreprise reposait principalement sur la stabilité de l’emploi, l’ancienneté et quelques avantages sociaux. Aujourd’hui, les attentes ont profondément évolué. Les salariés ne cherchent plus seulement un poste, ils recherchent un environnement dans lequel ils peuvent s’épanouir, progresser et donner du sens à leur travail. Pour les PME et ETI, souvent moins visibles que les grands groupes dans les campagnes de recrutement, la fidélisation des collaborateurs est devenue un enjeu majeur. Bonne nouvelle : elles disposent aussi d’atouts considérables, notamment une proximité avec les équipes et une capacité à créer une véritable culture d’entreprise.

Fidélisation des collaborateurs : comprendre les nouvelles attentes des salariés

Le collaborateur qui quitte une entreprise ne part pas toujours uniquement pour un meilleur salaire. Contrairement à une idée reçue, la fiche de paie n’explique pas tout. Si elle reste évidemment un élément important, elle n’est qu’une pièce du puzzle. Les salariés accordent aujourd’hui une importance croissante à la qualité du management, à l’ambiance de travail, aux perspectives d’évolution et à la reconnaissance. Un collaborateur qui a le sentiment que son travail est utile, que ses idées sont écoutées et que ses efforts sont valorisés aura naturellement davantage envie de s’inscrire dans la durée. À l’inverse, une entreprise qui ne prend pas le temps d’écouter ses équipes peut rapidement voir partir des profils pourtant essentiels. Le départ d’un collaborateur expérimenté représente souvent un coût important : recrutement, formation, perte de connaissances internes… Sans oublier ce petit moment de solitude du dirigeant qui découvre que « la personne indispensable » avait finalement un CV prêt depuis plusieurs semaines. La fidélisation passe donc avant tout par une meilleure compréhension des attentes humaines qui se cachent derrière les enjeux professionnels.

Donner du sens et créer une véritable culture d’entreprise

Les PME et ETI ont un avantage considérable face aux grandes organisations : elles peuvent souvent créer une relation plus directe entre la direction et les équipes. Dans une entreprise à taille humaine, les collaborateurs connaissent généralement davantage la vision du dirigeant et peuvent mesurer concrètement l’impact de leur travail. Encore faut-il que cette vision soit partagée. La fidélisation des collaborateurs repose en grande partie sur la capacité d’une entreprise à expliquer son projet, ses ambitions et ses valeurs. Un salarié qui comprend pourquoi son entreprise existe et quelle contribution il apporte à son développement est davantage engagé. Cela passe par une communication interne régulière, mais aussi par des actes concrets. Les valeurs affichées sur un site internet ou dans une salle de réunion ne suffisent pas : elles doivent se retrouver dans les pratiques managériales quotidiennes. Une entreprise qui prône la confiance doit laisser de l’autonomie. Une entreprise qui parle d’innovation doit accepter les idées nouvelles. Une entreprise qui affirme placer l’humain au centre doit prendre le temps d’écouter ses collaborateurs.

Management et évolution professionnelle : les clés d’un engagement durable

Le rôle du manager est aujourd’hui central dans la relation entre l’entreprise et ses collaborateurs. De nombreuses études montrent d’ailleurs que la qualité du management est l’un des premiers facteurs qui influencent la décision de rester ou de partir. Un bon manager ne se limite plus à organiser le travail. Il accompagne, donne du feedback, aide ses équipes à progresser et crée les conditions de la réussite collective. Pour les PME et ETI, investir dans la formation des managers est donc un véritable levier stratégique. Un collaborateur qui voit que son entreprise investit dans son développement aura davantage tendance à construire son avenir professionnel avec elle. L’évolution professionnelle joue également un rôle essentiel. Toutes les entreprises ne peuvent pas proposer une multitude de postes ou une progression hiérarchique permanente, mais elles peuvent offrir de nouvelles responsabilités, des projets stimulants ou des parcours adaptés aux aspirations de chacun. La fidélisation des collaborateurs ne signifie pas retenir les salariés à tout prix, mais créer un environnement dans lequel ils ont envie de rester.

Faire de l’entreprise un lieu où l’on a envie de travailler

La question de la fidélisation ne doit pas être uniquement abordée lorsqu’un collaborateur annonce son départ. Elle se construit au quotidien, à travers une multitude de décisions parfois simples : remercier une équipe après un projet réussi, prendre le temps d’échanger avec un collaborateur, reconnaître les efforts accomplis ou créer des moments de convivialité. Dans un contexte où les entreprises se livrent une véritable bataille pour attirer les compétences, les PME et ETI ont une carte importante à jouer. Leur proximité, leur agilité et leur capacité à créer du lien peuvent devenir de véritables avantages concurrentiels. La fidélisation des collaborateurs est finalement moins une question de dispositifs sophistiqués que de qualité de relation. Une entreprise qui connaît ses équipes, qui les accompagne et qui leur donne envie de participer à une aventure collective possède un atout précieux : des collaborateurs engagés qui deviennent les meilleurs ambassadeurs de son développement. Et dans un monde où recruter devient parfois un parcours du combattant, garder ses talents pourrait bien être la stratégie la plus efficace.
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