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Bleisure, le meilleur des deux mondes ?

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Les voyageurs d’affaires sont de plus en plus nombreux à allier tourisme et déplacement professionnel. Ce phénomène place les entreprises face à un défi : encadrer ces séjours hybrides et clarifier les responsabilités de chacun.

Par Eric Orsini

Une réunion à Barcelone en fin de semaine, aucune obligation majeure et des prévisions météo alléchantes : pourquoi ne pas jouer les prolongations, en décalant son billet de quelques heures, voire de quelques jours ? C’est la question qui taraude un nombre croissant de voyageurs d’affaires soumis à la tentation du “bleisure”. Ce mot-valise est une contraction de “business” et de “leisure”, d’affaires et de loisirs, et illustre le mélange des genres entre vie privée et vie professionnelle. Ce phénomène a pris une telle importance ces dernières années qu’il serait presque dangereux pour une entreprise de ne pas s’y adapter.

Cependant, les spécialistes des déplacements professionnels peinent encore à mettre des chiffres sur cette tendance. De la visite de musée entre deux rendez-vous au week-end entier sous le soleil exactement, les pratiques divergent. Chacun marie à sa façon l’utile à l’agréable, ce qui ne facilite pas l’approche du phénomène. Toutefois, Bridgestreet s’y essaie et selon une étude récente de ce grand nom de l’hébergement long-séjour, une très large majorité des sondés (82,3 %) disent profiter d’un déplacement professionnel pour explorer la destination, le tourisme demeurant l’activité la plus courante (77,2 %), devant la gastronomie (66,3 %), la vie nocturne n’attirant que 34,8 % des professionnels.

Un art très français

Forcément, la Génération Y est plus réceptive à cette nouvelle tendance. Le taux de bleisure y atteindrait 36 % selon l’étude Business and Travel Technology publiée en mars par Egencia, contre 18 % chez les 40-50 ans. Mais cette différence repose non pas sur l’aspect générationnel comme on pourrait le penser un peu trop rapidement, mais plutôt sur la pression familiale. En effet, tout porte à croire que ces mêmes “Y” seront moins disponibles pour étendre leur séjour une fois devenus parents… Plus globalement, cette même étude Egencia estime à 24 % la part de voyageurs d’affaires français chez qui le bleisure est “systématique”, évoquant même un “art français d’enrichir le voyage d’affaires”. En effet, ce taux n’atteint que 20 % en Allemagne et 10 % au Royaume- Uni. “Les Français associent le voyage d’affaires aux notions de motivation et de plaisir, tandis que les Britanniques y voient surtout du stress et de la fatigue, ce qui explique pourquoi ces derniers souhaitent rentrer chez eux au plus vite”, précise Jérôme Fouque, vice-président et directeur général d’Egencia France.

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Risque de change en Afrique ; un enjeu à prendre en compte pour les PME et ETI
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Trois exemples concrets :
1. Une PME industrielle exporte du matériel en Angola Facturation en dollars pour contourner la volatilité du kwanza (AOA). Mais entre la commande et le paiement, le dollar se déprécie de 8 % face à l’euro : la marge nette s’effondre. 2. Une ETI signe un contrat de maintenance en Zambie, payé en kwacha (ZMW). Le contrat est signé à 1 EUR = 25 ZMW. Trois mois plus tard, le kwacha chute à 1 EUR = 30 ZMW. Résultat : une perte de 16,7 % sur les flux encaissés localement. 3. Une entreprise agroalimentaire investit au Nigeria. Les profits sont réalisés en nairas (NGN), mais rapatriés en euros. Le gouvernement introduit des restrictions sur l’accès aux devises. Résultat : impossibilité de convertir les profits et blocage des dividendes.

Comprendre les différentes formes de risque de change

• Risque de transaction : lié à l’achat ou à la vente de biens/services en devises étrangères. • Risque de conversion : lors du rapatriement de bénéfices réalisés localement. • Risque économique : impact des variations de change sur la compétitivité prix à moyen/long terme. • Risque de liquidité en devises : difficulté à convertir la monnaie locale en devises fortes (EUR, USD), même si le taux de change est favorable.
Trois cas concrets et chiffrés
Cas 1 – Exportation en Angola (monnaie : Kwanza – AOA) • Une PME facture 500 000 USD à un client local en août 2024. • À la signature, 1 EUR = 1,10 USD. En décembre, 1 EUR = 1,20 USD. • Impact : le paiement reçu équivaut désormais à 416 667 EUR au lieu de 454 545 EUR, soit une perte latente de 37 878 EUR (8,3 % de la transaction). • Origine de la perte : absence de couverture du taux EUR/USD. Cas 2 – Prestations en Zambie (Kwacha – ZMW) • Une ETI facture 1 000 000 ZMW pour une prestation en mars 2024 (1 EUR = 25 ZMW). • Paiement en juin, à 1 EUR = 30 ZMW. • En euros, l’encaissement passe de 40 000 EUR à 33 333 EUR. • Perte effective de 6 667 EUR, soit -16,7 % sur le chiffre d’affaires prévu. Cas 3 – Rapatriement des dividendes au Nigeria (Naira – NGN) • Une filiale locale dégage 100 M NGN de résultat net • À 1 EUR = 1000 NGN, cela représente théoriquement 100 000 EUR. • Mais la banque centrale restreint l’accès aux devises pour les non-résidents : seuls 20 M NGN peuvent être convertis immédiatement. • Reste 80 M NGN immobilisés, exposés à un dévaluation continue : si le taux passe à 1 EUR = 1400 NGN, leur valeur tombe à 57 143 EUR.

Zones monétaires : risques différenciés

• Zone franc CFA (UEMOA / CEMAC) : parité fixe avec l’euro, convertibilité garantie par le Trésor français. Moindre risque de change, sauf en cas de réformes monétaires ou tensions politiques. • Pays à régimes de change flottant ou administré : Nigeria, Angola, Ghana, Zambie, Égypte. Forte volatilité, contrôle des changes fréquent. • Marchés dollarisés (RDC, Zimbabwe) : instabilité chronique des politiques monétaires locales, même en dollar.

Outils de gestion du risque de change

• La facturation en EUR ou USD limite l’exposition directe mais transfère le risque au client ce qui peut être un frein commercial. • Les contrats avec clause d’indexation c’est à dire l’ajustement automatique du prix en fonction de l’évolution d’un taux de change de référence. • La couverture via instruments financiers : • Contrats à terme (forwards) : verrouillent un taux de change à une date future. • Options de change : assurent un niveau de protection tout en laissant une marge de flexibilité. • Swaps de devises : pour les entreprises ayant des besoins croisés en devises (rares chez les PME). Attention : ces outils sont souvent inaccessibles sur les devises illiquides africaines. D’où l’intérêt de structurer les flux dans des devises convertibles (USD, EUR) et de s’appuyer sur des banques partenaires disposant d’une capacité régionale.

Stratégie recommandée pour les PME et ETI

• Cartographier l’exposition au risque de change par zone, devise, durée, fréquence des flux. • Structurer les contrats en fonction de la liquidité des devises et du degré de contrôle étatique. • Mettre en place un processus de veille sur les politiques monétaires locales, en analysant les politiques de contrôle des changes de chaque pays : les règles peuvent changer du jour au lendemain (cas du Nigeria ou de l’Éthiopie). • Recourir à des intermédiaires spécialisés ou à des bureaux de représentation sur place pour optimiser la gestion financière locale. Nos recommandations : • Éviter la facturation exclusive en devise locale, sauf si un mécanisme d’ajustement est prévu dans le contrat. • Utiliser des outils de couverture (forwards, options) dès que les montants le justifient. • Préférer, quand cela est possible, les zones CFA (Franc CFA – UEMOA et CEMAC), rattachées à l’euro, pour réduire la volatilité. Le développement ne peut s’envisager sans une stratégie robuste de gestion du risque de change en Afrique. Celle-ci ne se limite pas à un arbitrage entre EUR et USD : elle nécessite une compréhension fine des environnements monétaires locaux, de leur dynamique politique, et des pratiques bancaires locales. Une gestion active du risque de change est un marqueur de maturité financière. Et pour les PME et ETI, elle devient un levier de différenciation concurrentielle.
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