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Pourquoi la valorisation des données est-elle si importante ?

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Les données représentent aujourd’hui un réel actif et leur valorisation devient essentielle pour les dirigeants de PME et ETI. L’enjeu est d’apporter de la cohérence aux données brutes afin d’en extraire une meilleure connaissance des collaborateurs, des clients et des concurrents. Petit tour d’horizon…

Par Franck Boccara

En cette période de transition digitale accélérée par la crise sanitaire, on entend parler de data science partout mais dans les faits il n’y a que peu de secteurs qui arrivent réellement à détecter et analyser ces données stratégiques pour les valoriser. Cette possibilité de rendre les données accessibles, activables et de les faire parler pour actionner les leviers de performance est pourtant accessible à toutes les entreprises, quelque soit leur taille.

Mieux connaître les collaborateurs

L’exploitation des données permet de développer des analyses prédictives pour les ressources humaines, comme par exemple la gestion du turn over. Les données peuvent souvent permettre de prédire le départ d’un collaborateur par une analyse et une comparaison à des profils similaires ayant quitté l’entreprise ou de comparer leur rémunération à celle de salariés de même niveau dans des entreprises concurrentes (formations, diplômes, acquis…). L’avantage de ce type de prévisions est qu’elles ont souvent lieu avant même que le collaborateur ait songé à quitter l’entreprise et par là même permet la mise en œuvre de leviers de fidélisation.

Limiter les pertes financières

La valorisation des données va permettre également de mieux de gérer la trésorerie de façon proactive en monitorant certaines données financières des clients, prospects et partenaires (infogreffe, societe.com, Amadeus…). Cette analyse vient ainsi valider leur santé financière et leur réputation en recoupant les commentaires et mentions sur ladite entreprise qui circulent sur la toile et sur les réseaux sociaux. L’analyse des données permet par ailleurs de repérer les pertes potentielles de clients en analysant et classant les facteurs de départ pour ainsi limiter les pertes business et mieux maîtriser le churn rate.

Mieux connaître son marché et ses concurrents

Les données peuvent créer un avantage concurrentiel lorsqu’elles sont bien exploitées car elles optimisent la capacité d’anticipation et favorisent l’identification des innovations qui peuvent disrupter le marché. Les données permettent de suivre le web sur un secteur précis et de repérer ainsi les entreprises émergentes ou en forte croissance qui proposent des services similaires. Aller chercher cette data aide donc à observer et d’analyser finement la concurrence identifiée en collectant automatiquement par exemple les avis déposés sur Trustpilot, Avis Vérifiés….les points de mécontentement peuvent être ainsi identifiés et il devient alors plus simple d’adjuster son offre, de revoir son discours et d’aller draguer les clients mécontents.

Repérer les opportunités business

Les données clients et prospects accumulées au fil du temps représentent de précieuses sources d’informations. Disséminées un peu partout dans l’écosystème de l’entreprise et surtout dans son CRM, cette data offre une connaissance 360° qui va se révéler être un atout majeur lors de l’identifier des leviers d’upsell, de ré-engagement client etc…

Constuire une réelle stratégie d’entreprise

La stratégie « data-driven » est capital dans le pilotage de toute organisation. Il est très difficile de bien planifier un budget sans connaitre l’attribution de la performance de l’entreprise et de savoir quels sont les leviers qui ont pesé dans la balance de la réussite et dans quelle mesure. Cette connaissance va permettre de calculer le ROI et donc d’influer les décisions dans la bonne direction. Les PME et ETI qui sauront valoriser les données pourront plus facilement actionner les leviers permettant d’optimiser l’interaction avec leurs collaborateurs, leur marché, leurs risques et les opportunités business…et donc booster leur performance.

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Risque de change en Afrique ; un enjeu à prendre en compte pour les PME et ETI
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Trois exemples concrets :
1. Une PME industrielle exporte du matériel en Angola Facturation en dollars pour contourner la volatilité du kwanza (AOA). Mais entre la commande et le paiement, le dollar se déprécie de 8 % face à l’euro : la marge nette s’effondre. 2. Une ETI signe un contrat de maintenance en Zambie, payé en kwacha (ZMW). Le contrat est signé à 1 EUR = 25 ZMW. Trois mois plus tard, le kwacha chute à 1 EUR = 30 ZMW. Résultat : une perte de 16,7 % sur les flux encaissés localement. 3. Une entreprise agroalimentaire investit au Nigeria. Les profits sont réalisés en nairas (NGN), mais rapatriés en euros. Le gouvernement introduit des restrictions sur l’accès aux devises. Résultat : impossibilité de convertir les profits et blocage des dividendes.

Comprendre les différentes formes de risque de change

• Risque de transaction : lié à l’achat ou à la vente de biens/services en devises étrangères. • Risque de conversion : lors du rapatriement de bénéfices réalisés localement. • Risque économique : impact des variations de change sur la compétitivité prix à moyen/long terme. • Risque de liquidité en devises : difficulté à convertir la monnaie locale en devises fortes (EUR, USD), même si le taux de change est favorable.
Trois cas concrets et chiffrés
Cas 1 – Exportation en Angola (monnaie : Kwanza – AOA) • Une PME facture 500 000 USD à un client local en août 2024. • À la signature, 1 EUR = 1,10 USD. En décembre, 1 EUR = 1,20 USD. • Impact : le paiement reçu équivaut désormais à 416 667 EUR au lieu de 454 545 EUR, soit une perte latente de 37 878 EUR (8,3 % de la transaction). • Origine de la perte : absence de couverture du taux EUR/USD. Cas 2 – Prestations en Zambie (Kwacha – ZMW) • Une ETI facture 1 000 000 ZMW pour une prestation en mars 2024 (1 EUR = 25 ZMW). • Paiement en juin, à 1 EUR = 30 ZMW. • En euros, l’encaissement passe de 40 000 EUR à 33 333 EUR. • Perte effective de 6 667 EUR, soit -16,7 % sur le chiffre d’affaires prévu. Cas 3 – Rapatriement des dividendes au Nigeria (Naira – NGN) • Une filiale locale dégage 100 M NGN de résultat net • À 1 EUR = 1000 NGN, cela représente théoriquement 100 000 EUR. • Mais la banque centrale restreint l’accès aux devises pour les non-résidents : seuls 20 M NGN peuvent être convertis immédiatement. • Reste 80 M NGN immobilisés, exposés à un dévaluation continue : si le taux passe à 1 EUR = 1400 NGN, leur valeur tombe à 57 143 EUR.

Zones monétaires : risques différenciés

• Zone franc CFA (UEMOA / CEMAC) : parité fixe avec l’euro, convertibilité garantie par le Trésor français. Moindre risque de change, sauf en cas de réformes monétaires ou tensions politiques. • Pays à régimes de change flottant ou administré : Nigeria, Angola, Ghana, Zambie, Égypte. Forte volatilité, contrôle des changes fréquent. • Marchés dollarisés (RDC, Zimbabwe) : instabilité chronique des politiques monétaires locales, même en dollar.

Outils de gestion du risque de change

• La facturation en EUR ou USD limite l’exposition directe mais transfère le risque au client ce qui peut être un frein commercial. • Les contrats avec clause d’indexation c’est à dire l’ajustement automatique du prix en fonction de l’évolution d’un taux de change de référence. • La couverture via instruments financiers : • Contrats à terme (forwards) : verrouillent un taux de change à une date future. • Options de change : assurent un niveau de protection tout en laissant une marge de flexibilité. • Swaps de devises : pour les entreprises ayant des besoins croisés en devises (rares chez les PME). Attention : ces outils sont souvent inaccessibles sur les devises illiquides africaines. D’où l’intérêt de structurer les flux dans des devises convertibles (USD, EUR) et de s’appuyer sur des banques partenaires disposant d’une capacité régionale.

Stratégie recommandée pour les PME et ETI

• Cartographier l’exposition au risque de change par zone, devise, durée, fréquence des flux. • Structurer les contrats en fonction de la liquidité des devises et du degré de contrôle étatique. • Mettre en place un processus de veille sur les politiques monétaires locales, en analysant les politiques de contrôle des changes de chaque pays : les règles peuvent changer du jour au lendemain (cas du Nigeria ou de l’Éthiopie). • Recourir à des intermédiaires spécialisés ou à des bureaux de représentation sur place pour optimiser la gestion financière locale. Nos recommandations : • Éviter la facturation exclusive en devise locale, sauf si un mécanisme d’ajustement est prévu dans le contrat. • Utiliser des outils de couverture (forwards, options) dès que les montants le justifient. • Préférer, quand cela est possible, les zones CFA (Franc CFA – UEMOA et CEMAC), rattachées à l’euro, pour réduire la volatilité. Le développement ne peut s’envisager sans une stratégie robuste de gestion du risque de change en Afrique. Celle-ci ne se limite pas à un arbitrage entre EUR et USD : elle nécessite une compréhension fine des environnements monétaires locaux, de leur dynamique politique, et des pratiques bancaires locales. Une gestion active du risque de change est un marqueur de maturité financière. Et pour les PME et ETI, elle devient un levier de différenciation concurrentielle.
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