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Nantes joue la carte internationale

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Nantes mise sur son attractivité internationale en investissant sur de nouvelles zones dédiées aux entreprises. Des quartiers d’affaires offrant un écosystème de start-up particulièrement dynamique se multiplient, à l’image d’Euronantes.

L’an dernier, l’aéroport de Nantes Atlantique a enregistré la plus forte progression au niveau national du trafic passagers (+14,9%). D’ailleurs, depuis l’abandon du projet Notre-Dame des Landes, les compagnies aériennes de toute l’Europe se battent pour un bout de tarmac, un petit slot, sur la plate-forme nantaise. Cette nouvelle dimension internationale s’inscrit dans une dynamique de profonde transformation. Car, malgré le calme et la douceur de vivre qui règnent en ville, Nantes mène de front plusieurs projets urbains de grande ampleur.

Au Sud, l’Île de Nantes rayonne mondialement pour ses Machines, bestiaire mécanico-féérique qui attire la grande foule des touristes. Dans un tout autre registre, c’est là aussi que le nouveau palais de justice, dessiné par Jean Nouvel, a pris ses quartiers au début des années 2000. Plus récemment, l’île a vu le développement du Quartier de la création, Nantes imaginant la ville de demain à travers le programme “île de Nantes – expérimentations”.

Au Nord, c’est le projet “YelloPark” qui prévoit, outre la construction d’un nouveau stade, le développement d’un pôle urbain intégrant une composante business. Enfin, “last but not least”, le nouveau quartier d’affaires Euronantes prend forme derrière la gare. Il ne reste plus désormais qu’à insuffler une âme, une vie de quartier entre ces immeubles de bureaux encore trop studieux. Les professionnels qui y convergent commencent d’ailleurs à s’approprier la zone…

Autant dire que le secteur du BTP est en plein boom ! Mais il n’est pas le seul. À Nantes, on construit certes, mais on cogite aussi. Au fil des années, la ville s’est imposée comme pôle de tout premier plan pour l’innovation, une véritable destination start-up. La qualité de vie attire les investisseurs étrangers et, surtout, des talents du cru émergent chaque jour, perpétuant en quelque sorte la tradition créative, innovante, incarnée par un certain Jules Verne, né dans la Cité des ducs voilà 190 ans.

EURONANTES

Crée par Nantes Métropole pour répondre au défi de la concurrence entre les grandes métropoles européennes, le programme Euronantes s’inscrit dans la dynamique de développement urbain impulsée par les opérations sur le Nouveau Malakoff dans le secteur Gare et sur l’île de Nantes.

Ce pôle tertiaire international situé au cœur du territoire du Grand Ouest a pour objectifs de développer le marché immobilier nantais, de favoriser l’implantation des entreprises locales, nationales et internationales, de créer des emplois, et de renforcer l’attractivité de Nantes auprès des acteurs économiques.

Euronantes :
1er quartier d’affaires de la façade Atlantique

S’Y RENDRE

À l’instar de Bordeaux, mais avec quelques années d’avance, la métropole nantaise a profité de l’effet LGV : deux heures de train suffisent pour rallier la gare de Paris Montparnasse. Quant aux dessertes aériennes, elles n’ont jamais offert autant de possibilités aux voyageurs d’affaires. En témoignent le lancement en octobre d’un vol Nantes-Lyon, première liaison domestique proposée par Aigle Azur, ou encore l’installation d’une base d’easyJet au printemps prochain. Au total, Nantes Atlantique est relié à une vingtaine d’aéroports français et près de 70 plates-formes en Europe. Comme la dynamique actuelle donne des ailes aux responsables nantais, on évoque même, depuis peu, une ligne directe vers New York. D’autant que, depuis octobre, l’aéroport est classé dans la catégorie A, c’est à dire regroupant ceux “destinés aux services à grande distance assurés normalement en toutes circonstances”.

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Risque de change en Afrique ; un enjeu à prendre en compte pour les PME et ETI
Les marchés africains représentent des relais de croissance essentiels pour les PME et ETI françaises. Mais l’accès à ces marchés s’accompagne d’un facteur critique souvent mal anticipé : le risque de change en Afrique. Trop souvent sous-estimé, le risque de change constitue l’un des premiers facteurs d’érosion de la marge pour les entreprises françaises opérant en Afrique. Par Jérémie Taïeb – Dirigeant de Tikva Partners, cabinet de conseil en stratégie sur l’Afrique Qu’entend-on par risque de change ? Il s’agit du risque que la variation des taux de change entre l’euro et les monnaies locales affecte négativement la rentabilité d’une opération commerciale ou d’un investissement. Dans un environnement où la volatilité des devises africaines peut dépasser 20 à 30 % par an, l’absence de stratégie de couverture peut entraîner une érosion significative de la rentabilité. Pire : elle peut transformer un contrat bénéficiaire en perte sèche.
Trois exemples concrets :
1. Une PME industrielle exporte du matériel en Angola Facturation en dollars pour contourner la volatilité du kwanza (AOA). Mais entre la commande et le paiement, le dollar se déprécie de 8 % face à l’euro : la marge nette s’effondre. 2. Une ETI signe un contrat de maintenance en Zambie, payé en kwacha (ZMW). Le contrat est signé à 1 EUR = 25 ZMW. Trois mois plus tard, le kwacha chute à 1 EUR = 30 ZMW. Résultat : une perte de 16,7 % sur les flux encaissés localement. 3. Une entreprise agroalimentaire investit au Nigeria. Les profits sont réalisés en nairas (NGN), mais rapatriés en euros. Le gouvernement introduit des restrictions sur l’accès aux devises. Résultat : impossibilité de convertir les profits et blocage des dividendes.

Comprendre les différentes formes de risque de change

• Risque de transaction : lié à l’achat ou à la vente de biens/services en devises étrangères. • Risque de conversion : lors du rapatriement de bénéfices réalisés localement. • Risque économique : impact des variations de change sur la compétitivité prix à moyen/long terme. • Risque de liquidité en devises : difficulté à convertir la monnaie locale en devises fortes (EUR, USD), même si le taux de change est favorable.
Trois cas concrets et chiffrés
Cas 1 – Exportation en Angola (monnaie : Kwanza – AOA) • Une PME facture 500 000 USD à un client local en août 2024. • À la signature, 1 EUR = 1,10 USD. En décembre, 1 EUR = 1,20 USD. • Impact : le paiement reçu équivaut désormais à 416 667 EUR au lieu de 454 545 EUR, soit une perte latente de 37 878 EUR (8,3 % de la transaction). • Origine de la perte : absence de couverture du taux EUR/USD. Cas 2 – Prestations en Zambie (Kwacha – ZMW) • Une ETI facture 1 000 000 ZMW pour une prestation en mars 2024 (1 EUR = 25 ZMW). • Paiement en juin, à 1 EUR = 30 ZMW. • En euros, l’encaissement passe de 40 000 EUR à 33 333 EUR. • Perte effective de 6 667 EUR, soit -16,7 % sur le chiffre d’affaires prévu. Cas 3 – Rapatriement des dividendes au Nigeria (Naira – NGN) • Une filiale locale dégage 100 M NGN de résultat net • À 1 EUR = 1000 NGN, cela représente théoriquement 100 000 EUR. • Mais la banque centrale restreint l’accès aux devises pour les non-résidents : seuls 20 M NGN peuvent être convertis immédiatement. • Reste 80 M NGN immobilisés, exposés à un dévaluation continue : si le taux passe à 1 EUR = 1400 NGN, leur valeur tombe à 57 143 EUR.

Zones monétaires : risques différenciés

• Zone franc CFA (UEMOA / CEMAC) : parité fixe avec l’euro, convertibilité garantie par le Trésor français. Moindre risque de change, sauf en cas de réformes monétaires ou tensions politiques. • Pays à régimes de change flottant ou administré : Nigeria, Angola, Ghana, Zambie, Égypte. Forte volatilité, contrôle des changes fréquent. • Marchés dollarisés (RDC, Zimbabwe) : instabilité chronique des politiques monétaires locales, même en dollar.

Outils de gestion du risque de change

• La facturation en EUR ou USD limite l’exposition directe mais transfère le risque au client ce qui peut être un frein commercial. • Les contrats avec clause d’indexation c’est à dire l’ajustement automatique du prix en fonction de l’évolution d’un taux de change de référence. • La couverture via instruments financiers : • Contrats à terme (forwards) : verrouillent un taux de change à une date future. • Options de change : assurent un niveau de protection tout en laissant une marge de flexibilité. • Swaps de devises : pour les entreprises ayant des besoins croisés en devises (rares chez les PME). Attention : ces outils sont souvent inaccessibles sur les devises illiquides africaines. D’où l’intérêt de structurer les flux dans des devises convertibles (USD, EUR) et de s’appuyer sur des banques partenaires disposant d’une capacité régionale.

Stratégie recommandée pour les PME et ETI

• Cartographier l’exposition au risque de change par zone, devise, durée, fréquence des flux. • Structurer les contrats en fonction de la liquidité des devises et du degré de contrôle étatique. • Mettre en place un processus de veille sur les politiques monétaires locales, en analysant les politiques de contrôle des changes de chaque pays : les règles peuvent changer du jour au lendemain (cas du Nigeria ou de l’Éthiopie). • Recourir à des intermédiaires spécialisés ou à des bureaux de représentation sur place pour optimiser la gestion financière locale. Nos recommandations : • Éviter la facturation exclusive en devise locale, sauf si un mécanisme d’ajustement est prévu dans le contrat. • Utiliser des outils de couverture (forwards, options) dès que les montants le justifient. • Préférer, quand cela est possible, les zones CFA (Franc CFA – UEMOA et CEMAC), rattachées à l’euro, pour réduire la volatilité. Le développement ne peut s’envisager sans une stratégie robuste de gestion du risque de change en Afrique. Celle-ci ne se limite pas à un arbitrage entre EUR et USD : elle nécessite une compréhension fine des environnements monétaires locaux, de leur dynamique politique, et des pratiques bancaires locales. Une gestion active du risque de change est un marqueur de maturité financière. Et pour les PME et ETI, elle devient un levier de différenciation concurrentielle.
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