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Media training : Diriger c’est aussi savoir parler !

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Media training : diriger c'est aussi savoir parler

Être dirigeant d’une Entreprise de Taille Intermédiaire (ETI), c’est bien plus qu’assurer le quotidien des opérations. Dans les moments délicats, qu’ils soient économiques, politiques ou sociétaux, c’est souvent vous qui devez monter au front et prendre la parole pour votre entreprise. Expliquer une décision importante, apaiser une situation tendue, ou simplement rassurer vos équipes et partenaires… ça ne s’improvise pas. Le media training vous donne les clés pour communiquer avec clarté et sérénité, même sous pression.

Par Christel Bertrand – consultante indépendante en communication de crise

Le media training consiste à organiser une préparation sur mesure pour vous aider à parler aux médias et au public de manière efficace. Vous apprenez à structurer votre discours, anticiper les questions difficiles et, surtout, à rester maître de votre communication. L’objectif ? Que votre message soit clair, rassurant et qu’il préserve l’image de votre entreprise.

Le dirigeant est en première ligne

Dans une ETI, vous êtes souvent le visage de l’entreprise. Un rôle central qui vous place proche des équipes et des opérations. Votre parole est perçue comme légitime et authentique.

C’est le dirigeant qui provoque la confiance des partenaires. Clients, fournisseurs et investisseurs veulent entendre directement de vous ce qui se passe, surtout quand le climat est tendu. Une prise de parole mal maîtrisée peut nuire à votre réputation. À l’inverse, une communication bien menée peut renforcer la confiance.

Les défis de la communication en temps de crise

Quand une crise survient, les enjeux sont élevés. Chaque mot compte :

  • Rester crédible : Les médias et le public vont analyser chacune de vos déclarations. Un faux pas peut aggraver la situation.
  • Garder le contrôle du message : Vous devez transmettre des informations claires et éviter toute ambiguïté.
  • Réagir vite sans paniquer : Dans notre monde ultra-connecté, chaque minute compte. Mais il faut savoir répondre rapidement sans perdre son calme.

Adapter sa prise de parole au contexte

Aujourd’hui, le monde change vite. L’incertitude économique, les tensions sociales et les défis politiques sont partout. Quand vous prenez la parole, il est essentiel de montrer que vous comprenez ce contexte. Les gens veulent sentir que vous êtes à l’écoute de leurs préoccupations. Une communication déconnectée de la réalité peut vite être perçue comme insensible ou inadaptée. Le media training vous aide à ajuster vos messages en fonction du climat actuel et à éviter les faux pas.

Désacraliser les enjeux émotionnels de la prise de parole

Prendre la parole face aux médias peut sembler intimidant, mais cela ne doit pas être une épreuve insurmontable. Les journalistes ne sont pas vos ennemis. Ils font simplement leur travail en posant des questions et en cherchant des réponses. Le media training vous aide à démystifier cette interaction. Vous apprendrez que derrière chaque question, il y a une opportunité de faire passer votre message. En vous entraînant régulièrement, vous allez gagner en confiance et transformer l’appréhension en assurance. Comme dans tout exercice, c’est la pratique qui permet de progresser. Plus vous vous entraînez, plus vous vous sentirez à l’aise. Vous n’avez pas besoin d’être parfait, mais vous devez être préparé.

Ce que le media training vous apporte concrètement

  1. Anticiper et gérer les questions pièges

Le media training vous apprend à identifier les questions sensibles avant même qu’elles soient posées. Vous développerez des réponses claires et stratégiques qui évitent les dérapages. Grâce aux simulations réalistes, vous saurez garder le contrôle même face à des journalistes insistants ou des sujets délicats.

Exemple : Lors de la crise de contamination de produits en 2017, le dirigeant d’une ETI agroalimentaire a su anticiper les questions des médias et répondre avec transparence, évitant ainsi une escalade de la crise. Cette anticipation a permis de rassurer les consommateurs et de limiter les dégâts sur l’image de l’entreprise.

  1. Garder votre calme

Rester serein face à une question provocante ou à une situation tendue est essentiel. Le media training vous entraîne à gérer vos émotions, à respirer correctement et à utiliser des techniques de gestion du stress. Vous apprendrez à répondre posément, même lorsque la pression monte, ce qui renforcera votre crédibilité et votre assurance.

Exemple : Lors des grèves de transport en 2019, un dirigeant d’ETI spécialisée dans la logistique a été confronté à des journalistes cherchant à provoquer des réponses émotionnelles. Grâce à une préparation solide, il a su rester calme et exprimer des solutions concrètes pour ses clients.

  1. Inspirer confiance

Une communication claire, structurée et authentique rassure vos équipes, vos partenaires et le public. En travaillant votre langage verbal et non verbal, le media training vous aide à établir une connexion de confiance. Plus vous maîtrisez votre discours, plus vous inspirerez confiance et leadership.

Exemple : Pendant la pandémie de 2020, certains dirigeants d’ETI ont su, grâce au media training, rassurer leurs salariés et partenaires avec des messages clairs et humains, renforçant ainsi la cohésion interne et la fidélité des clients.

  1. Protéger et renforcer votre réputation

Une prise de parole ratée peut nuire durablement à votre image et à celle de votre entreprise. Le media training vous donne les outils pour éviter ces erreurs. Vous apprendrez à transformer des situations potentiellement risquées en opportunités pour renforcer la réputation de votre entreprise, en démontrant transparence, professionnalisme et responsabilité.

Exemple : En 2021, une PME industrielle a évité une crise majeure en expliquant rapidement et clairement un incident technique, limitant ainsi les spéculations et les rumeurs.

  1. Affirmer votre leadership

Un dirigeant qui communique avec assurance renforce non seulement sa propre autorité mais aussi la crédibilité de son entreprise. En maîtrisant vos interventions médiatiques, vous montrez que vous êtes à la hauteur des défis, capable de guider votre organisation même dans les moments les plus délicats. C’est un signal fort envoyé à vos équipes et à vos partenaires : vous êtes en contrôle.

  1. Gagner en confiance grâce à l’entraînement

La confiance en soi ne vient pas par magie : elle s’acquiert avec la pratique. Le media training offre un environnement sécurisé pour vous entraîner, répéter et ajuster votre discours. Plus vous pratiquerez, plus vous vous sentirez à l’aise. Chaque simulation est une étape supplémentaire pour faire de la prise de parole une compétence naturelle et non une source de stress.

  1. Être poussé dans ses retranchements en toute sécurité

Les séances de media training vous placent volontairement dans des situations inconfortables, similaires à celles que vous pourriez rencontrer face aux journalistes. C’est le moment idéal pour tester vos limites, apprendre de vos erreurs et affiner vos réponses. Mieux vaut se retrouver déstabilisé dans un environnement d’entraînement que face à un journaliste en direct. Cet exercice de confrontation maîtrisée vous permet d’identifier vos points faibles et de développer des réflexes solides pour rester calme et efficace en toutes circonstances.

Investir dans votre succès

En résumé, le media training n’est pas une option, c’est une nécessité. Savoir communiquer avec assurance, même quand le vent souffle fort, est un atout précieux. En vous préparant, vous protégez non seulement votre entreprise, mais aussi votre propre sérénité.

Prendre du temps pour vous entraîner, c’est investir dans la résilience et l’avenir de votre ETI.

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Services aux entreprises : jusqu’où externaliser
Services aux entreprises : derrière cette expression se cache une question devenue centrale pour de nombreuses PME et ETI. Une entreprise n’a pas vocation à tout faire elle-même, mais jusqu’où peut-elle déléguer sans perdre la maîtrise de ce qui fait sa force ? L’externalisation peut permettre d’accéder à des compétences pointues, de gagner en agilité et de concentrer les équipes sur leur véritable cœur de métier. À condition toutefois de ne pas confondre délégation et abandon de contrôle. Par Eric Orsini Sur le papier, le raisonnement paraît presque évident. Pourquoi mobiliser durablement des ressources internes pour une compétence utilisée ponctuellement, lorsqu’un prestataire spécialisé peut intervenir avec davantage d’expertise et de moyens ? Mais l’externalisation ne consiste pas simplement à déplacer une tâche d’un bureau à un autre. Elle modifie la façon dont l’entreprise fonctionne, prend ses décisions et conserve la maîtrise de ses activités. C’est précisément là que le sujet devient intéressant. Car bien externaliser ne signifie pas nécessairement déléguer le maximum. Cela signifie surtout savoir ce que l’on peut confier sans perdre ce que l’on doit absolument maîtriser.

Externaliser pour gagner en compétence, pas seulement pour réduire les coûts

Pendant longtemps, l’externalisation a surtout été présentée comme une manière de réduire les charges. Une fonction coûteuse en interne pouvait être confiée à un prestataire, avec l’espoir de transformer des coûts fixes en dépenses variables. Le raisonnement reste valable dans certains cas, mais il est devenu insuffisant. Pour une PME, faire appel à un spécialiste peut avant tout permettre d’accéder à une compétence qu’elle n’aurait pas intérêt à construire en interne. Une entreprise de cinquante salariés n’a évidemment pas besoin d’un expert en cybersécurité à temps plein. Une ETI en croissance internationale ne pourra pas nécessairement disposer, dans chaque pays, de toutes les compétences fiscales ou juridiques nécessaires. De la même manière, un dirigeant peut avoir besoin d’un accompagnement ponctuel pour une opération de financement, une acquisition ou une réorganisation. L’intérêt des services aux entreprises réside alors moins dans la délégation d’une tâche que dans l’accès à un niveau d’expertise. Le prestataire apporte normalement une expérience accumulée auprès de plusieurs entreprises, des outils spécialisés et une capacité à prendre du recul que les équipes internes n’ont pas toujours le temps d’avoir. L’externalisation peut donc libérer du temps et des ressources, mais son véritable intérêt apparaît lorsqu’elle permet à l’entreprise de faire mieux ce qui compte vraiment pour elle.

Le paradoxe : déléguer sans abandonner le contrôle

C’est ici que les choses se compliquent. Car une entreprise peut parfaitement externaliser une fonction sans pour autant externaliser la responsabilité qui l’accompagne. Confier son informatique à un prestataire ne dispense pas le dirigeant de savoir où sont stockées ses données. Externaliser la paie ne signifie pas que l’entreprise peut se désintéresser de ses obligations sociales. Faire appel à un cabinet pour sa communication ne signifie pas qu’il doit devenir le seul dépositaire de l’image de la marque. Le risque apparaît lorsque la compétence quitte progressivement l’entreprise au point que celle-ci ne dispose plus des moyens de comprendre, d’évaluer ou de challenger son prestataire. À ce moment-là, l’externalisation peut créer une forme de dépendance. Et une dépendance n’est pas nécessairement visible lorsque tout fonctionne bien. Elle apparaît souvent lorsque survient un problème : changement de prestataire, hausse des tarifs, départ d’un interlocuteur clé, incident informatique ou simple désaccord stratégique. Il existe même un paradoxe assez classique : plus un prestataire est performant, plus l’entreprise peut être tentée de lui faire confiance sans plus chercher à comprendre ce qu’il fait. C’est confortable… jusqu’au jour où il faut reprendre la main. Une bonne stratégie d’externalisation doit donc préserver un minimum de connaissance et de capacité de décision en interne. Le dirigeant n’a pas besoin de devenir expert de tout, mais il doit rester capable de poser les bonnes questions, de contrôler les résultats et, surtout, de changer de partenaire si la situation l’exige.

Le bon prestataire n’est pas celui qui prend toute la place

La question du choix du prestataire devient alors essentielle. Dans le domaine des services aux entreprises, la relation ne devrait pas être pensée uniquement sous l’angle du prix ou du périmètre de la mission. Une prestation peut être techniquement excellente et pourtant mal adaptée à l’entreprise. Le bon partenaire est celui qui comprend son fonctionnement, ses contraintes et ses objectifs, mais aussi celui qui accepte de laisser au dirigeant la maîtrise des décisions qui lui appartiennent. Il doit apporter de l’expertise sans créer une opacité supplémentaire. Cette distinction est particulièrement importante pour les PME et les ETI. Une grande entreprise peut parfois disposer de plusieurs niveaux de contrôle, de directions spécialisées et de ressources capables de superviser un prestataire. Dans une structure plus petite, la relation peut rapidement devenir beaucoup plus directe. Le prestataire entre alors dans le quotidien de l’entreprise, accède à ses informations et participe parfois, indirectement, à des décisions importantes. L’externalisation réussie repose donc sur un équilibre assez subtil : faire confiance sans devenir dépendant, déléguer sans se désengager, bénéficier d’une expertise extérieure sans perdre sa propre capacité de décision.

L’externalisation comme choix d’organisation, et non comme réflexe

Les services aux entreprises ont considérablement évolué parce que les entreprises elles-mêmes sont devenues plus complexes. Il est devenu difficile, et parfois peu pertinent, de vouloir tout maîtriser en interne. La vraie question n’est donc plus de savoir s’il faut externaliser ou non, mais de déterminer intelligemment ce qui mérite de l’être. Certaines fonctions peuvent être entièrement confiées à un spécialiste. D’autres nécessitent une collaboration étroite entre équipes internes et prestataires. Et certaines compétences doivent rester solidement ancrées dans l’entreprise parce qu’elles touchent directement à son identité, à sa stratégie ou à son avantage concurrentiel. L’externalisation devient alors un choix stratégique plutôt qu’une simple décision opérationnelle. Elle permet au dirigeant de concentrer ses ressources là où elles créent le plus de valeur, tout en allant chercher à l’extérieur les compétences dont l’entreprise a besoin au bon moment. Car finalement, une entreprise performante n’est pas celle qui sait tout faire. C’est celle qui sait ce qu’elle doit savoir faire elle-même, ce qu’elle peut apprendre et ce qu’elle a intérêt à confier à d’autres. Et cette capacité à faire le tri devient peut-être l’une des compétences les plus importantes du dirigeant moderne.
Financer l’export : la CCI 92 organise une rencontre le 29 septembre à l’ESSEC Executive Education
Dans le cadre du partenariat qui nous lie à la CCI Paris Ile-de-France, PME-ETI.fr vous tient informés en priorité des principaux évènements et réseaux qui peuvent vous permettre de booster votre croissance et de rencontrer des acteurs-clés de l’économie. Financer l’export constitue souvent un enjeu déterminant pour une entreprise qui souhaite accélérer son développement international. Prospection commerciale, recrutement, implantation, déplacements, adaptation de l’offre ou sécurisation des transactions : conquérir de nouveaux marchés demande des moyens, mais aussi de savoir identifier les bons dispositifs de financement. C’est précisément le sujet qui sera au cœur de la rencontre organisée par la CCI Paris Île-de-France le 29 septembre 2026, à l’ESSEC Executive Education au CNIT de La Défense.

Un financement adapté à chaque projet international

Se développer à l’étranger ne nécessite pas toujours les mêmes ressources financières. Une première prospection sur un marché peut demander des moyens relativement limités, tandis qu’une implantation ou une opération de croissance internationale peut nécessiter des financements beaucoup plus importants. Pour les dirigeants de PME et ETI, la question est donc moins de savoir s’il est possible de financer l’export que de déterminer quelles solutions correspondent réellement à leur projet et à leur niveau de développement. Dans le cadre de « Faites de l’international 2026 », la CCI des Hauts-de-Seine propose justement une soirée destinée à permettre aux entreprises de mieux comprendre les différents leviers disponibles et d’identifier les dispositifs susceptibles de les accompagner dans leur stratégie internationale.

Des experts pour comprendre les solutions disponibles

La soirée débutera par une présentation consacrée à cinq bonnes pratiques pour optimiser son budget à l’international, avant de laisser place à des échanges autour des différentes solutions permettant d’accompagner financièrement un projet export. Plusieurs spécialistes partageront leur expérience et leurs conseils, parmi lesquels Rosa Accari, Responsable du Service Développement International des Territoires à la CCI Paris Île-de-France, Aurélien Auvity, Chargé d’affaires international chez Bpifrance, et Julie Lamy, Responsable régionale du Pôle Financement de la CCI Hauts-de-Seine. L’objectif est résolument opérationnel : permettre aux participants de mieux comprendre les dispositifs existants et de savoir vers quels interlocuteurs se tourner en fonction de leurs besoins.

Échanger directement avec les acteurs du financement

À partir de 19h15, les participants pourront également rencontrer directement différents acteurs de l’accompagnement et du financement international : Bpifrance, Coface, Banque Populaire Rives de Paris, SOCACE, les Douanes, la Direction générale des Finances publiques, Team France Export, les Conseillers du Commerce extérieur de la France et les CCI. Ces échanges constituent une véritable opportunité pour les entreprises qui souhaitent financer l’export dans de bonnes conditions, mais également pour celles qui s’interrogent encore sur la pertinence d’une démarche internationale. Car au-delà du financement lui-même, il s’agit aussi de mieux maîtriser les risques, de sécuriser ses opérations et de construire une stratégie cohérente avec les ambitions de l’entreprise.

Un rendez-vous pour préparer son développement international

La rencontre se terminera par un cocktail networking, permettant de poursuivre les discussions dans un cadre convivial et de développer son réseau auprès d’autres dirigeants et professionnels de l’international. Que votre entreprise soit déjà présente sur plusieurs marchés étrangers ou qu’elle envisage ses premières opérations à l’export, cette soirée permettra de repartir avec des informations concrètes, des contacts et, pourquoi pas, de nouvelles pistes pour financer l’export et accélérer son développement. Rendez-vous le 29 septembre 2026, de 17h30 à 20h15, à l’ESSEC Executive Education, au CNIT de La Défense. L’événement est gratuit et les places sont limitées.

Inscrivez-vous à la soirée « Financer l’export autrement »

Produire en France pour mieux exporter : le pari stratégique des PME et ETI
Pendant longtemps, produire en France et exporter semblaient relever de deux logiques presque contradictoires. Pourtant, pour de nombreuses PME et ETI, produire en France peut aujourd’hui constituer un véritable choix stratégique pour se développer à l’international. À condition de ne pas réduire cette question au seul coût de fabrication. Par Franck Boccara La comparaison entre le coût d’une production française et celui d’une production réalisée à l’étranger est en effet devenue trop simpliste. Dans une économie où les délais, la fiabilité des approvisionnements, la capacité d’adaptation et la maîtrise des savoir-faire prennent une importance croissante, le véritable sujet est peut-être moins de savoir où produire au meilleur prix que de déterminer ce qu’une entreprise doit continuer à maîtriser elle-même. C’est dans cette perspective que la réindustrialisation française peut devenir un levier de compétitivité internationale.

Produire en France, ce n’est pas nécessairement produire moins cher

Le premier réflexe consiste souvent à comparer le coût de fabrication d’un produit français avec celui d’un produit fabriqué en Asie, en Europe de l’Est ou ailleurs. Le calcul paraît simple : si le produit coûte moins cher à fabriquer à plusieurs milliers de kilomètres, pourquoi continuer à le produire en France ? Le problème est que cette comparaison oublie une partie de l’équation. Le prix de sortie d’usine ne représente qu’une fraction du coût réel d’une chaîne industrielle. Transport, stocks, délais, minimums de commande, fluctuations des devises, contrôle qualité, dépendance à un fournisseur unique, coûts de modification d’une série ou conséquences d’une rupture d’approvisionnement peuvent rapidement changer la photographie. Pour une PME ou une ETI, cette question est d’autant plus importante que la flexibilité constitue souvent un avantage concurrentiel sous-estimé. Une entreprise industrielle française capable de modifier rapidement une production, de développer une petite série, d’adapter un produit à un marché ou de répondre à une demande particulière peut parfois vendre ce que son concurrent produisant à bas coût ne peut tout simplement pas livrer dans les mêmes conditions. Dans certains secteurs, la proximité entre le bureau d’études, l’atelier et le client devient même une composante du produit lui-même. Il ne s’agit donc pas de prétendre que fabriquer en France est systématiquement plus rentable. Ce serait aussi caricatural que de considérer qu’une production délocalisée est nécessairement moins chère. L’enjeu consiste plutôt à identifier les activités pour lesquelles la maîtrise industrielle, la qualité, la vitesse d’exécution ou la capacité d’innovation justifient cet ancrage. C’est là que la réindustrialisation devient réellement intéressante pour les PME et ETI : lorsqu’elle renforce leur capacité à se différencier plutôt que lorsqu’elle cherche simplement à reproduire, à l’identique et avec des coûts supérieurs, ce qui était fabriqué ailleurs.

Le « made in France » peut devenir un outil commercial à l’international

Il existe également une autre dimension, plus subtile : celle de la perception du produit français. À l’étranger, la France ne bénéficie évidemment pas d’une image homogène dans tous les secteurs. Mais dans de nombreux domaines — industrie de précision, équipements, aéronautique, cosmétique, agroalimentaire, luxe, santé, technologies ou encore certains métiers d’art — l’origine française peut apporter une valeur supplémentaire. Encore faut-il qu’elle soit crédible. Le « made in France » ne constitue pas à lui seul une stratégie d’exportation. Une entreprise ne conquiert pas durablement un marché allemand, américain ou asiatique simplement parce qu’elle appose un drapeau tricolore sur son catalogue. Les acheteurs internationaux recherchent avant tout une réponse à leurs propres problématiques : performance, fiabilité, innovation, délais, service après-vente et capacité du fournisseur à accompagner leur croissance. Mais lorsque deux offres sont comparables, l’origine et la maîtrise industrielle peuvent devenir un élément de différenciation. C’est précisément ici que l’ancrage industriel français peut prendre une dimension commerciale. Une PME qui maîtrise son outil de production peut raconter quelque chose de plus solide qu’une simple origine géographique : elle peut expliquer comment son produit est conçu, testé, amélioré et adapté. Elle peut faire visiter son usine à un client étranger, associer plus rapidement ses équipes commerciales et techniques, ou transformer les contraintes de production en arguments de vente. Autrement dit, le véritable avantage n’est pas toujours « fabriqué en France ». Il peut être : « nous maîtrisons ce que nous vendons ». Cette nuance est essentielle pour les PME et ETI qui souhaitent exporter. Une industrie française compétitive n’a pas vocation à vendre uniquement son territoire ; elle doit vendre sa capacité à créer de la valeur.

Réindustrialiser pour reprendre la main sur sa chaîne de valeur

La réindustrialisation française présente enfin un intérêt qui dépasse largement la question du patriotisme économique. Pour un dirigeant, dépendre entièrement d’une production située à l’autre bout du monde signifie aussi accepter une forme de perte de contrôle. Lorsque les marchés sont stables, cette dépendance peut sembler parfaitement rationnelle. Lorsque survient une crise logistique, une tension géopolitique ou une rupture d’approvisionnement, elle apparaît soudain sous un autre jour. Les dernières années ont montré que la performance d’une entreprise ne se mesure pas uniquement à son coût de production. La capacité à continuer de produire est devenue une performance en soi. Une entreprise disposant d’une partie de ses capacités industrielles en France, ou de fournisseurs français capables de prendre rapidement le relais, peut parfois absorber un choc que son concurrent très dépendant d’une chaîne mondiale ne pourra pas gérer aussi facilement. Cela ne signifie pas qu’il faudrait tout rapatrier. Une telle ambition serait économiquement irréaliste pour la plupart des entreprises. L’industrie moderne fonctionne avec des chaînes de valeur internationales et continuera de le faire. La véritable question est plutôt celle du niveau de dépendance acceptable. Pour certaines pièces critiques, certains composants stratégiques ou certaines compétences clés, conserver une capacité de production en France peut représenter une assurance industrielle. Et comme toute assurance, elle a un coût — mais son absence peut en avoir un beaucoup plus élevé. Pour une PME ou une ETI, cette réflexion peut également conduire à revoir son organisation industrielle. Plutôt que d’opposer brutalement production française et production internationale, certaines entreprises peuvent rechercher un modèle hybride : conserver en France les activités à forte valeur ajoutée, les petites séries, la R&D, les opérations sensibles ou les productions nécessitant une grande réactivité, tout en s’appuyant sur des partenaires étrangers pour d’autres étapes. La question n’est alors plus « France ou étranger ? », mais « quelle partie de notre chaîne de valeur devons-nous absolument maîtriser ? ».

Exporter depuis la France : transformer une contrainte en avantage

C’est probablement là que se situe le véritable enjeu. La réindustrialisation française ne doit pas être pensée comme un retour en arrière, avec l’idée de reconstruire à l’identique une industrie qui appartenait à une autre époque. Elle peut au contraire devenir une étape vers une industrie différente : plus automatisée, plus spécialisée, plus numérique, plus économe en ressources et surtout davantage intégrée à une stratégie internationale. Pour une PME ou une ETI, produire en France pour exporter peut donc avoir du sens lorsqu’il permet de rapprocher production, innovation et marché. Une usine française n’est pas seulement un lieu où l’on fabrique un produit. Elle peut devenir un laboratoire, un argument commercial, un outil de différenciation et un moyen de conserver la maîtrise de compétences stratégiques. Dans certains cas, elle peut même contribuer à accélérer le développement international plutôt qu’à le freiner. Le sujet n’est finalement pas de choisir entre une France industrielle et une France ouverte sur le monde. C’est précisément l’inverse : une industrie française solide peut donner davantage de moyens aux entreprises pour partir à la conquête du monde. La question que devraient se poser les dirigeants n’est donc peut-être pas « pouvons-nous encore nous permettre de produire en France ? », mais plutôt « quelles productions françaises peuvent nous donner un avantage sur les marchés internationaux ? ». Cette seconde question est nettement plus intéressante, et pourrait bien être l’une des clés de la prochaine étape de la réindustrialisation.
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