...

Travailler son leadership de manière ROIste

PARTAGER

Facebook
Email
WhatsApp

Le leadership représente, aujourd’hui, une thématique largement galvaudée. Cette affirmation s’apparente, plus que jamais, à un véritable pléonasme. En témoigne les « spécialistes » qui foisonnent et les contenus à disposition des dirigeants et des managers qui ne cessent de se multiplier à une vitesse exponentielle, à tel point qu’il leur est bien souvent difficile de s’y retrouver.

Par Xavier Baudard – Président & co-fondateur Lugh & Co

Et ce, tant et si bien que les programmes de leadership semblent être, très souvent, lancés à tour de bras dans les entreprises pour pallier à des challenges, divers et variés, peu liés au leadership mais surtout à des carences managériales. En effet, les professionnels (RH et dirigeants notamment…) sont encore nombreux à les considérer comme des recettes miracle pour résoudre les maux qui rongent les différents pans de l’entreprise.

Le recours important aux programmes de formation (notamment de leadership) en entreprise pourrait paraître anodin. Or, au regard des montants considérables qui leur sont alloués – plusieurs centaines de milliards de dollars en 2015 pour un ROI presque nul, selon une étude de Beer, Finnström et Schrader1 – il est légitime de s’interroger sur leur retour sur investissement et leur efficacité.

Dès lors, comment travailler son leadership de manière efficace et ROIste ?

De nombreux outils existent : la littérature, les formations, les outils d’assessment, le conseil, le coaching… pour n’en citer que quelques-uns ! Mais pour travailler sa posture de leader de manière efficace et ROIste, le dirigeant doit être en mesure d’adopter une utilisation pertinente et sagace de cette palette de ressources. Or, pour y parvenir, il doit, au préalable, s’appuyer sur un modèle de leadership. Et c’est là où le bât blesse ! Car il s’agit, bien souvent, d’un prérequis omis par de nombreuses entreprises qui ont tendance à oublier que le leadership n’est pas l’affaire d’un seul homme mais qu’il doit être pensé comme une composante essentielle de l’ADN de l’entreprise.

En d’autres termes, travailler son leadership n’est pas l’affaire d’une simple déclaration. Cette initiative complexe et ambitieuse requiert résilience, implication, détermination et régularité de la part des dirigeants pour bâtir un modèle de leadership pérenne et aligné avec la mission, les valeurs et la raison d’être de l’entreprise.

Bien qu’il puisse paraitre évident, ce rappel s’avère néanmoins nécessaire tant il reste, aujourd’hui encore, difficile de mesurer le ROI et le succès de la majeure partie des programmes de leadership. De multiples raisons peuvent expliquer leur non-succès en entreprise :

  • Un objectif mal défini
  • Une implication insuffisante des parties prenantes
  • Une utilisation inadéquate des outils à disposition
  • L’inexistence d’un modèle de leadership en interne
  • Le manque d’adaptation du modèle de leadership au regard des spécificités de l’entreprise
  • Une méconnaissance des principes actifs du leadership
  • La confusion entre leadership et excellence managériale

Pour les contourner, il faut donc commencer par bâtir la Persona Leadership de l’entreprise puis construire un réel programme de développement du leadership, adapté à ce qu’elle est et à ce qu’elle veut avoir comme leaders en son sein. Cela prend du temps et représente un investissement conséquent, mais aucune entreprise n’a surperformé sans un socle solide de leadership. Il est donc important de s’appuyer sur des personnes compétentes sur le sujet du leadership, et non pas sur des opportunistes. A noter que travailler son leadership constitue un travail complexe et de longue haleine.

PARTAGER

Facebook
Twitter
LinkedIn
Email
LinkedIn
WhatsApp
PLUS D'ARTICLES
KEREA by Efficience : un dirigeant en forme, c'est une entreprise forte !
La santé du dirigeant est un levier essentiel, mais souvent négligé, de la performance de l’entreprise. Elle influence directement sa capacité à mobiliser ses équipes, à prendre des décisions justes et à fidéliser les talents. Parce que la santé est globale et que la frontière entre vie personnelle et professionnelle est de plus en plus floue, il est temps pour les dirigeants de prendre en main leur propre équilibre… et celui de leurs collaborateurs. Thibaut Fleury, Président de KEREA et Directeur Général d’Efficience Santé au Travail, nous explique comment mettre cela en œuvre grâce au programme « Santé des dirigeants » de KEREA : un accompagnement sur-mesure alliant prévention, diagnostic, plan d’action et ateliers, porté par un collectif d’experts.

Le Laboratoire COTRAL, basé en Normandie et présent dans 7 pays, développe, commercialise et exporte des produits sur mesure pour les métiers exposés aux nuisances sonores. Les process de fabrication COTRAL associent les technologies numériques les plus avancées pour toujours offrir aux utilisateurs les meilleurs niveaux de confort, de communication, d’hygiène et d’économie.

Laurent Capillari, président du laboratoire COTRAL, nous parle des technologies et de l’innovation qui se cachent derrière ses bouchons antibruit.

Risque de change en Afrique ; un enjeu à prendre en compte pour les PME et ETI
Les marchés africains représentent des relais de croissance essentiels pour les PME et ETI françaises. Mais l’accès à ces marchés s’accompagne d’un facteur critique souvent mal anticipé : le risque de change en Afrique. Trop souvent sous-estimé, le risque de change constitue l’un des premiers facteurs d’érosion de la marge pour les entreprises françaises opérant en Afrique. Par Jérémie Taïeb – Dirigeant de Tikva Partners, cabinet de conseil en stratégie sur l’Afrique Qu’entend-on par risque de change ? Il s’agit du risque que la variation des taux de change entre l’euro et les monnaies locales affecte négativement la rentabilité d’une opération commerciale ou d’un investissement. Dans un environnement où la volatilité des devises africaines peut dépasser 20 à 30 % par an, l’absence de stratégie de couverture peut entraîner une érosion significative de la rentabilité. Pire : elle peut transformer un contrat bénéficiaire en perte sèche.
Trois exemples concrets :
1. Une PME industrielle exporte du matériel en Angola Facturation en dollars pour contourner la volatilité du kwanza (AOA). Mais entre la commande et le paiement, le dollar se déprécie de 8 % face à l’euro : la marge nette s’effondre. 2. Une ETI signe un contrat de maintenance en Zambie, payé en kwacha (ZMW). Le contrat est signé à 1 EUR = 25 ZMW. Trois mois plus tard, le kwacha chute à 1 EUR = 30 ZMW. Résultat : une perte de 16,7 % sur les flux encaissés localement. 3. Une entreprise agroalimentaire investit au Nigeria. Les profits sont réalisés en nairas (NGN), mais rapatriés en euros. Le gouvernement introduit des restrictions sur l’accès aux devises. Résultat : impossibilité de convertir les profits et blocage des dividendes.

Comprendre les différentes formes de risque de change

• Risque de transaction : lié à l’achat ou à la vente de biens/services en devises étrangères. • Risque de conversion : lors du rapatriement de bénéfices réalisés localement. • Risque économique : impact des variations de change sur la compétitivité prix à moyen/long terme. • Risque de liquidité en devises : difficulté à convertir la monnaie locale en devises fortes (EUR, USD), même si le taux de change est favorable.
Trois cas concrets et chiffrés
Cas 1 – Exportation en Angola (monnaie : Kwanza – AOA) • Une PME facture 500 000 USD à un client local en août 2024. • À la signature, 1 EUR = 1,10 USD. En décembre, 1 EUR = 1,20 USD. • Impact : le paiement reçu équivaut désormais à 416 667 EUR au lieu de 454 545 EUR, soit une perte latente de 37 878 EUR (8,3 % de la transaction). • Origine de la perte : absence de couverture du taux EUR/USD. Cas 2 – Prestations en Zambie (Kwacha – ZMW) • Une ETI facture 1 000 000 ZMW pour une prestation en mars 2024 (1 EUR = 25 ZMW). • Paiement en juin, à 1 EUR = 30 ZMW. • En euros, l’encaissement passe de 40 000 EUR à 33 333 EUR. • Perte effective de 6 667 EUR, soit -16,7 % sur le chiffre d’affaires prévu. Cas 3 – Rapatriement des dividendes au Nigeria (Naira – NGN) • Une filiale locale dégage 100 M NGN de résultat net • À 1 EUR = 1000 NGN, cela représente théoriquement 100 000 EUR. • Mais la banque centrale restreint l’accès aux devises pour les non-résidents : seuls 20 M NGN peuvent être convertis immédiatement. • Reste 80 M NGN immobilisés, exposés à un dévaluation continue : si le taux passe à 1 EUR = 1400 NGN, leur valeur tombe à 57 143 EUR.

Zones monétaires : risques différenciés

• Zone franc CFA (UEMOA / CEMAC) : parité fixe avec l’euro, convertibilité garantie par le Trésor français. Moindre risque de change, sauf en cas de réformes monétaires ou tensions politiques. • Pays à régimes de change flottant ou administré : Nigeria, Angola, Ghana, Zambie, Égypte. Forte volatilité, contrôle des changes fréquent. • Marchés dollarisés (RDC, Zimbabwe) : instabilité chronique des politiques monétaires locales, même en dollar.

Outils de gestion du risque de change

• La facturation en EUR ou USD limite l’exposition directe mais transfère le risque au client ce qui peut être un frein commercial. • Les contrats avec clause d’indexation c’est à dire l’ajustement automatique du prix en fonction de l’évolution d’un taux de change de référence. • La couverture via instruments financiers : • Contrats à terme (forwards) : verrouillent un taux de change à une date future. • Options de change : assurent un niveau de protection tout en laissant une marge de flexibilité. • Swaps de devises : pour les entreprises ayant des besoins croisés en devises (rares chez les PME). Attention : ces outils sont souvent inaccessibles sur les devises illiquides africaines. D’où l’intérêt de structurer les flux dans des devises convertibles (USD, EUR) et de s’appuyer sur des banques partenaires disposant d’une capacité régionale.

Stratégie recommandée pour les PME et ETI

• Cartographier l’exposition au risque de change par zone, devise, durée, fréquence des flux. • Structurer les contrats en fonction de la liquidité des devises et du degré de contrôle étatique. • Mettre en place un processus de veille sur les politiques monétaires locales, en analysant les politiques de contrôle des changes de chaque pays : les règles peuvent changer du jour au lendemain (cas du Nigeria ou de l’Éthiopie). • Recourir à des intermédiaires spécialisés ou à des bureaux de représentation sur place pour optimiser la gestion financière locale. Nos recommandations : • Éviter la facturation exclusive en devise locale, sauf si un mécanisme d’ajustement est prévu dans le contrat. • Utiliser des outils de couverture (forwards, options) dès que les montants le justifient. • Préférer, quand cela est possible, les zones CFA (Franc CFA – UEMOA et CEMAC), rattachées à l’euro, pour réduire la volatilité. Le développement ne peut s’envisager sans une stratégie robuste de gestion du risque de change en Afrique. Celle-ci ne se limite pas à un arbitrage entre EUR et USD : elle nécessite une compréhension fine des environnements monétaires locaux, de leur dynamique politique, et des pratiques bancaires locales. Une gestion active du risque de change est un marqueur de maturité financière. Et pour les PME et ETI, elle devient un levier de différenciation concurrentielle.
INSCRIVEZ-VOUS À NOTRE NEWSLETTER
AUX DERNIÈRES NOUVELLES
×

Vous êtes dirigeant ou cadre ?
Vous avez une question ou besoin d'une information ?

Le respect de votre vie privée est notre priorité

L’accès au site implique l’utilisation de cookies mais celle-ci est subordonnée à votre consentement.